Dans un rapport d'audit, la SWL pointe les dysfonctionnements de la société de logement social la Carolorégienne

CHARLEROI C'est tout simplement hallucinant. Olivier Chastel, conseiller communal MR à Charleroi a révélé hier ce qui devait rester secret dans les rangs de la majorité socialiste carolo. Le chef de file du MR carolo a en effet mis sur la table le «rapport de second suivi d'audit» de la société de logement social «la Carolorégienne», un travail réalisé par la Société wallonne du Logement.

Dans une sélection d'une bonne vingtaine de pages, Olivier Chastel pointe les différents dysfonctionnements de cette société qui gère 2.770 logements et emploie une petite septantaine de personnes.

Dans ce document, la SWL relève que des comités de gestion et de gérance ont été créés alors que les statuts de la Carolorégienne ne le prévoient pas. De plus, les émoluments des dix personnes qui y siègent sont relativement plantureux. Ces dernières ont reçu en 2004 12 versements mensuels de 471€ alors que le comité de gestion s'est réuni 7 fois seulement sur l'année.

La SWL dans son rapport se demande également pourquoi il y a à la Carolorégienne la présence conjointe d'un administrateur délégué, Claude Despiegeleer, et d'un directeur gérant, Luc Frère. Le premier se défend quant à lui en expliquant que la Carolorégienne est née de la fusion de trois sociétés de logement de Lodelinsart, sa commune, Couillet et Charleroi. Ainsi on retrouve, André Liesse, échevin couillettois et président du conseil d'administration, et Francis Poty, de Charleroi et vice-président.

Aussi selon la SWL, différents licenciements ou aspects de ceux-ci ont été exécutés sans soumission préalable au conseil d'administration. Il y a notamment le cas d'Alain Carlier, ancien directeur gérant qui a été rémunéré durant 19 mois par la Carolorégienne alors qu'il exerçait en tant qu'encodeur à la Régie communale autonome. Un autre cas suspect est celui concernant le départ de l'ancien responsable technique de la Carolorégienne, Jean-Paul Tison. Ce dernier est parti avec une indemnité de 450.000 € dont 334.000 € pour dommage moral. Le conseil d'administration n'a jamais émis aucun avis sur ce dernier montant. Les quelques débats concernant ce dossier ont selon le rapport d'audit seulement eu lieu au niveau des comités de gérance et de gestion, dont l'existence n'est pas à ce jour légalement justifiée.

Ce n'est pas tout. Selon ce rapport, la Carolorégienne ne ferait pas appel à un comptable externe. Cependant, une somme de 112.000 € est reprise dans la balance des comptes généraux sous la rubrique «comptable externe». Bizarre

Au niveau locatif, la SWL signale que le nombre de créances locatives ne cesse de croître. Elle pointe également des pratiques illégales : la perception d'une garantie locative mensuelle ou de frais de dossier à l'entrée et à la sortie, et le non-remboursement de locataires ayant trop payé

La SWL estime également que divers frais relatifs au parc automobile (Ndlr: le directeur gérant roule dans une Audi A 6 Quattro à 46.000€), aux timbres et au téléphone ou encore les frais de représentation sont trop élevés.

Quant à l'attribution des marchés publics, le rapport d'audit estime que la Carolorégienne ne respecte pas toujours les règles.

Olivier Chastel devant ce rapport d'audit accablant va demander aux administrateurs MR de la Carolorégienne de poser des questions sur les différents dysfonctionnements lors de la prochaine séance du conseil d'administration. Vu que la Carolorégienne est une société de logement qui est entièrement sous tutelle carolo, il compte également interpeller la majorité socialiste à ce sujet lors d'un prochain conseil communal.

© La Dernière Heure 2005