Le charbonnage du Roton a abrité les derniers mineurs de fond de Wallonie

FARCIENNES Le 29 septembre 1984, tout s'est arrêté. Les derniers mineurs de fond sont descendus la veille dans ce qui devait rester pour la Wallonie, le dernier charbonnage en activité. Aujourd'hui, cela fait 20 ans que le Roton a vu les derniers ouvriers envahir le site de Sainte Catherine. Dans les années 60, où le charbon était roi, ils étaient plus de 3.000 à venir tous les jours sur le site Sainte Catherine pour y travailler et exploiter le trésor noir de la Basse-Sambre. Il s'agissait du charbonnage le plus moderne de toute la Wallonie et voilà pourquoi, au début des années 70, le gouvernement avait décidé de désigner le Roton pour clôturer le processus de fermeture des sites d'exploitation.

L'histoire de cette fermeture débute en 1955, lorsque le conseil d'administration de ce charbonnage décide de faire de gros investissements et de transformer le siège de sainte Catherine en exemple de modernité et extraire trente mille tonnes de charbon chaque jour. Cent millions d'anciens francs belges avaient été mis sur la table. Un nouveau puits était creusé avec une nouvelle tour d'extraction et la rénovation de toute la surface. Enfin, un nouvel étage d'exploitation s'ouvrait à 718 mètres sous la terre. En 1960, tous ces instruments étaient mis en place.

Le Roton allait débuter sa mission de récupération de mineurs d'autres sites qui étaient condamnés. C'est ainsi que les ouvriers d'Aiseau et des Aulniats, l'autre charbonnage de Farciennes se retrouveront sur le site du Roton.

Au total, 3.000 personnes viendront travailler sur le site. Mais au moment de sa fermeture, 638 mineurs descendaient encore au fond. Et parmi eux, 82% étaient des étrangers, essentiellement des Musulmans provenant de la dernière génération d'immigrés. Ces derniers ouvriers issus de la dernière vague d'immigration furent à la base du report de la date de fermeture postposée de 1981 à 1984. Beaucoup d'entre eux et notamment des Turcs ne possédaient pas assez d'années de travail pour accéder à la prépension ou la pension. Voilà comment donc le conflit social a été réglé.

Aujourd'hui, le site est prêt à être réhabilité, restauré et mis en valeur grâce à des projets étudiés par le Paloff (Partenariat Local Fleurus-Farciennes) en installant un mur d'escalade, un musée de la mine, des espaces d'expositions, de loisirs, de détente et une cafétéria.

© La Dernière Heure 2004