Galip Kurum affirme ne nourrir aucune rancœur contre la police

BRUXELLES Comme le veut la loi, ce sont les trois accusés qui ont eu le dernier mot, à la clôture des débats de la cour d’assises, hier matin. Chacun l’a fait dans son style, tel qu’il était apparu au fil des jours.

Noureddine Cheikhni a été, à coup sûr, le plus convaincant, toutes proportions gardées, évidemment. Il a d’abord confirmé sa présence au violent hold-up de Roux – où il avait laissé des traces de sang qui ne laissaient pas place au doute – ainsi que le recel – mais pas le vol – de la Volvo.

À propos des aveux très tardifs concernant cette voiture, il explique qu’il en avait déjà fait la confidence à ses avocats, dès le printemps 2008 : “J’ai reconnu la voiture au journal télévisé, lors des faits de Lot, mais je ne pouvais pas en parler plus tôt car ma situation était délicate en prison.”

S’adressant aux victimes et à leurs proches, il clame : “Jamais je n’aurais pu tirer sur un père de famille ou un policier. Je n’imaginais pas que le simple fait de maquiller cette auto allait m’amener en cour d’assises.”

Collé à un texte dont son avocat, Laurent Kennès, affirme qu’il l’a rédigé lui-même, il sait qu’il ne sera en aucun cas acquitté, en raison de ses aveux partiels, mais il a choisi cette méthode de défense, contrairement aux deux autres accusés.

Galip Kurum, lui, a été moins ménagé que les autres par l’accusation et les parties civiles qui l’ont désigné comme le tueur de Kitty Van Nieuwenhuysen.

Plus que jamais, il est apparu sous le jour d’un gros nounours, physiquement impressionnant, un peu balourd, pas plus malin qu’il ne le faut : “C’est vrai, j’étais à Lodelinsart, mais ça n’a rien à voir avec Lot. Je n’ai jamais été dans cette voiture, mais on ne l’a pas écouté. Je suis incapable de donner la mort à quelqu’un et surtout pas de tirer sur la police.”

Précisément, on le soupçonne d’avoir pris sa revanche parce que, après le hold-up de Lodelinsart, un policier sur lequel il fonçait lui a tiré une balle dans la colonne vertébrale.

Mais il tente de retourner l’argument en sa faveur : “Non, au contraire, ce policier m’a sauvé la vie, puisqu’il m’a amené à l’hôpital alors que je perdais mon sang. Je n’ai aucune rancœur contre la police.” Et il conclut : “Ça fait dix jours qu’on me traite d’assassin, mais je vous jure, devant Dieu et ma famille, que je suis innocent. Je n’ai pas commis la mort (sic) de Mademoiselle Kitty.”

Parmi ses arguments de défense, concernant les innombrables coups de téléphone entre lui et Cheikhni, Kurum précise aussi qu’ils se téléphonent encore quasi quotidiennement, de leurs cellules respectives.

Bizarre, puisque les téléphones portables sont interdits en cellule : “Oui, précise son avocat, Olivier Martins, mais tout le monde en a. Cela prouve, au moins, qu’il n’a pas peur de reconnaître la vérité.”

Hassan Iasir, celui que beaucoup considèrent comme le cerveau de l’association de malfaiteurs, a été beaucoup plus bref.

Il dit qu’il ne réalise toujours pas ce qu’il fait dans ce dossier auquel il est totalement étranger. Et il renvoie à la plaidoirie de Michel Bouchat : “Mon avocat a été bien clair dans toute son argumentation. Je ne comprends pas comment on peut m’impliquer dans ce dossier que je connais par cœur. Je n’étais ni à Thuin, ni à Roux, ni à Lot.”Christian Hubert

Noureddine Cheikhni a été le plus convaincant des trois accusés qui se sont adressés une ultime fois au jury.