Paris-Nice

Evans a gagné au Ventoux où le jeune Néerlandais, nouveau leader, a impressionné

ENVOYé SPéCIAL EN FRANCE ERIC DE FALLEUr

MONT-SEREIN Comme les Belges (Van Impe en 1976) et les Français (Hinault en 1985), les Néerlandais attendent depuis des années de trouver un successeur à Joop Zoetemelk, vainqueur en 1980, au palmarès du Tour de France. Même si le chemin qui pourrait le mener sur la plus haute marche du podium des Champs-Elysées est aussi long qu'aléatoire, Robert Gesink s'est rapproché un peu plus hier du rêve que cultive depuis son enfance ce fils de fermier du Nord des Pays-Bas.

Gesink, 21 ans, vit dans la ferme paternelle, à Varsseveld, le village de la province de Gelderland, au nord d'Arhnem, le long de la frontière avec l'Allemagne, d'où est également originaire Guus Hiddink, le sélectionneur de la Russie. Pour ses débuts pro, l'an passé, Gesink avait laissé entrevoir de très belles promesses, notamment lorsqu'il avait gagné l'étape reine du Tour de Belgique, à Aywaille en se montrant le plus fort sur la Redoute. Un bon mois plus tôt, le coureur Rabobank avait fini 9e de la Flèche wallonne et en cours de saison, il allait encore se classer 13e en Romandie, 2e au Tour de Pologne, 5e de celui d'Allemagne, 13e à San Sebastian et 15e en Lombardie. Des résultats qui ne mentent pas et confirmés déjà par sa victoire d'étape au récent Tour de Californie (9e au final), en altitude déjà.

Hier, sur les pentes du Ventoux, escaladé par son versant le moins usité, celui qui a laissé pousser ses cheveux l'an passé car on le prenait trop pour son ancien équipier Michael Rasmussen (les deux hommes ont la même morphologie) a dicté sa loi, écoeurant Sylvain Chavanel qu'il allait déposséder du maillot jaune, puis les autres favoris, Sanchez, Garate, Verdugo, Nocentini, Rebellin et, le dernier, Popovych. Seul Cadel Evans pu suivre la dernière accélération de Gesink, à un peu plus de trois kilomètres, de la station de Mont-Serein, terme de cette 4e étape qui fera date. "J'entendais que Popovych lui criait d'aller moins vite, dira le jeune Néerlandais à sa descente du podium. En passant la ligne, j'étais fâché parce qu'Evans avait sprinté. J'avais mené les cinq derniers kilomètres. Des montées comme celles-ci me conviennent, j'arrive à tenir un bon rythme longtemps. Je pense qu'avec le soutien de mon équipe, je suis capable de garder le maillot jusqu'au bout. "

E. d.F.

S'il a d'abord épaulé son équipier Popovych, Cadel Evans a ensuite joué sa carte personnelle en répondant à l'attaque de Gesink. (belga)