Vainqueur, l’an dernier, d’une étape de la Course du Soleil, le puncheur belge vise, cette fois, à nouveau un succès

Son transfert a fait beaucoup parler de lui, cet hiver. Dans l’attente de recevoir sa licence World Tour, dont la livraison a été retardée suite à un problème administratif, Lotto-Belisol a perdu un de ses leaders : Gianni Meersman, qui a profité de l’occasion pour répondre favorablement à l’offre de Patrick Lefevere et d’Omega Pharma-Quick Step. “Une proposition que je ne pouvais pas refuser”, raconte Meersman. Comment vit-il le fait de passer dans le clan ennemi, dans l’autre grande équipe belge du peloton ? Est-ce comme passer du Standard à Anderlecht en football ? “Non, pas du tout et, d’ailleurs, j’ai encore beaucoup de très bons contacts chez Lotto-Belisol”, explique-t-il. “Je n’oublie pas que cette équipe m’a fait confiance et qu’elle m’a donné ma chance.”

Et sa chance, il veut continuer à la saisir, Gianni Meersman. Notamment sur Paris-Nice, qui débute ce dimanche, son premier grand objectif de la saison. “J’y ai gagné une étape l’an dernier et ce sera à nouveau mon but. J’ai de l’ambition là-bas”, explique-t-il. Son début de saison a été assez discret, à Majorque (7e d’une étape) ou au Tour d’Oman. Mais il semble monter en régime, lui qui s’est classé sixième, dimanche dernier, aux Boucles Sud Ardèche où, et c’est bon signe, il a remporté le sprint du peloton. Car ce puncheur n’hésite jamais à aller défier les gros bras au sprint, comme il l’avait fait l’an passé avec Degenkolb à la Vuelta, flirtant souvent avec la victoire (en plus d’une étape de Paris-Nice, il a aussi remporté une étape du Tour d’Algarve en 2012).

Ces derniers mois , il a énormément travaillé son explosivité. “Cela n’a pas vraiment de sens de tenter de s’améliorer dans les points dans lesquels on est un peu plus faible, il vaut mieux progresser dans sa spécialité, pour être vraiment fort dans ce domaine”, confie-t-il. D’ailleurs, il a fait une croix sur les classiques ardennaises, pour lesquelles on le croyait taillé, au début, lui qu’on décrivait comme un futur Gilbert. “Non, hormis la Flèche Brabançonne et l’Amstel Gold Race, je ne ferai pas la Flèche Wallonne ou Liège-Bastogne-Liège cette année”, explique-t-il. “Je me vois plus comme un coureur de course par étapes, genre Paris-Nice ou le Tour de Catalogne, mais aussi les Grands Tours, comme le Tour d’Italie, pour lequel mon directeur sportif Davide Bramati m’a dit que de nombreuses étapes pouvaient me convenir.”

À 27 ans, Gianni Meersman se sent arriver à maturité. “J’ai enfin été épargné par les soucis (NdlR : il s’est néanmoins fracturé le coude et le poignet sur le dernier Tour d’Italie), j’ai aussi davantage confiance et je me sens bien dans ma nouvelle équipe”, termine celui qui veut enrichir son palmarès. “J’espère être plus fort que l’an passé. Lors des nombreux stages que j’ai effectués cet hiver, à Calpe, et je peux vous dire que les stages d’Omega Pharma-Quick Step sont plus intenses que ceux de Lotto-Belisol; j’ai beaucoup travaillé mon explosivité dans les côtes.”

Il compte le prouver la semaine prochaine, sur la Course au Soleil.

Julien Gillebert

Vainqueur d’étape, l’an passé, Meersman en veut encore. BELGA