Le Liégeois de 21 ans a pris de l’avance sur son contrat avec l’AFT. Il ne devait être que dans le Top 150 en décembre. Aujourd’hui, il s’est confortablement hissé dans le Top 100. Retour sur un parcours d’un enfant prédestiné à tutoyer les sommets

David Goffin vient de franchir un cap symbolique dans sa carrière en intégrant le cercle fermé des 100 meil-leurs joueurs de la planète. Désormais, il ne doit plus passer par les tours qualificatifs lors des Grands Chelems. Désormais, il peut vivre confortablement de sa passion. Désormais, il peut viser l’étape suivante. Tout jeune qui tape ses premières balles rêve de ce Top 100. Rares sont ceux qui y parviennent.

Son papa, Michel Goffin, professeur de tennis, a suivi son rejeton pas à pas depuis ses débuts à 5 ans à l’Euro Tennis de Barchon sous les conseils de Michèle Gurdal qui a été championne de Belgique et qui a notamment suivi Dominique Monami. “Une grande dame assurément”, souligne-t-il d’emblée. “Elle lui a appris les bases et la discipline.”

Avant cela , il avait tapé ses toutes premières balles sous les conseils de son papa. “Nous jouions en vacances. David adorait toutes les balles ou ballons. Il avait toujours besoin de pratiquer un sport.”

La famille choisissait d’ailleurs ses lieux de villégiature en fonction de la proximité d’un complexe de tennis. Ainsi, à 8 ans, le jeune David prit part à un stage à Barcelone dans l’académie de Bruguera. “Nous avons aussi été chez Hopman à Saddlebrook aux USA.”

À cette époque, il est repéré par l’AFT où il sera admis au centre de tennis-études de Mons. Conscient de la nécessité d’être diplômé, il mène ses études à l’Athénée Marguerite Bervoets jusqu’à sa rhétorique.

“Je le vois encore réviser son examen de mathématique dans la voiture qui le ramenait de Roland-Garros l’an passé.”

D’entraînements en petits tournois, David Goffin a réalisé qu’une carrière s’ouvrait à lui à 17 ans à Milan. Grâce à son attitude et à sa mentalité, il atteint la finale du Trofeo Bonfiglio alors qu’il n’était pas du tout favori. “Là, j’ai senti”, confie le papa, “qu’il était prêt à poursuivre l’effort pour se donner les moyens de ses ambitions.”

Vivant pour le tennis, il s’était rendu en touriste à l’Open de Paris-Bercy où il avait croisé dans les couloirs la route de Christophe Rochus. “Il lui a demandé un autographe sans réaliser qu’il le rejoindrait trois ans plus tard dans le team pro.”

En août 2008, il franchit un cap en intégrant le team pro à seulement 18 ans. Quatre ans plus tard, il a déjà rempli ses devoirs en se hissant dans le Top 100. Son contrat prévoyait un Top 150 d’ici à décembre 2012. Il a pris un peu d’avance. “Aujour- d’hui, il doit se confronter au plus haut niveau afin d’engranger de l’expérience. Ses premiers mois de 2012 confirment qu’il est en pleine ascension.”

Certains facteurs auraient pu briser son envol comme le divorce de ses parents en 2004 alors qu’il n’avait que 14 ans.

“Cette séparation ne l’a pas affecté”, coupe brutalement le papa – dont les traits se referment – qui a refait sa vie dans un énorme appartement très moderne sur le boulevard d’Avroy à Liège. “Il n’en a pas souffert. C’est comme s’il était parti en ville l’après-midi et qu’il était revenu.”

Une déchirure aux abdos à Chennai en 2011 a freiné sa progression. “Il se blessait sérieusement pour la première fois. Sur la touche quatre mois, il a compris qu’il devait se bâtir une condition physique irréprochable. Son hygiène de vie est parfaite. Aujour- d’hui, on travaille pour lui donner un corps de joueur du Top 100. Il mesure 1,81 m pour 64 kg.”

Thibaut Vinel

Son papa sert de lien entre les membres du staff de David. Lecocq

Il pose fièrement devant les trophées de son fils. Lecocq

Il a réalisé un montage vidéo du parcours de son fils. Lecocq

À Mons, il s’est lié d’amitié notamment avec Rochus. Lecocq

Depuis ses premiers pas, il a attiré l’attention des médias. Lecocq

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David Goffin représente le meilleur espoir du tennis belge. Photo News