Les riverains de Wachiboux mobilisés mais la commune fait la sourde oreille

SPRIMONT La petite route de campagne, qui relie Dolembreux et Hornay à Sprimont, possède un tronçon bordant un étang. Aux périodes de reproduction, les crapauds, qui se sont déjà tapé quelques kilomètres à pattes, s'arrêtent sur ce bitume au lieu de gagner le point d'eau espérant bien tomber sur une belle A défaut de succomber à une crapaude, c'est souvent sous la roue d'une voiture qu'ils défaillent!

L'hécatombe était telle lors de la dernière migration en mars que les riverains ont décidé de réagir. Certains, habitant près de l'étang descendent même de leur véhicule pour sauver quelques batraciens de la traversée dangereuse. Mais la route, réservée à la circulation locale et aux véhicules forestiers et agricoles, est aussi empruntée par des automobilistes qui coupent au plus court et se moquent des crapauds.

Les riverains ont aussi appelé l'asbl des Rangers à la rescousse. Du coup, la police était plus présente et a pu verbaliser les contrevenants. «Cependant, pour une efficacité optimale, nous vous invitons à considérer notre proposition de barrer la route avec une barrière Nadar au moins pendant les périodes de migration. C'est le souhait de la quasi unanimité des riverains de Wachiboux. Cette majorité apprécierait de même la fermeture définitive du chemin à une extrémité pour éviter le trafic de transit», explique le représentant des Rangers, Olivier Rubbers, dans une lettre adressée fin mars au bourgmestre.

Niet du maïeur

Les riverains ont, de leur côté, envoyé une pétition à Claude Ancion. Ils demandent qu'à terme soit barrée «définitivement une extrémité du chemin de Wachiboux pour notre sécurité et notre tranquillité et celle des batraciens». Le maïeur s'y oppose catégoriquement: «C'est un non absolu! La police dit que c'est impossible de barrer la route, elle conduit à deux habitations et on ne peut quand même pas empêcher les gens de rentrer chez eux.»

Il explique aussi que la structure des berges de l'étang ne permet pas d'installer des crapauducs. Et ajoute: «On va organiser une réunion avec les riverains pour leur expliquer.» L'un d'eux, Alain Delaite, trouve cette décision décourageante. «Tous les riverains sont d'accord.» L'an prochain, les bonnes volontés tenteront encore de limiter «la bouillie sans nom».

© La Dernière Heure 2003