TOULON C'est à Toulon qu'Irina Villeret dédicaçait son livre Un jour tout ira bien. Si sa démarche - révéler l'alcoolisme dont souffrait son ex-mari- a été critiquée, elle n'en a pas moins reçu plusieurs prix prouvant que le livre est intéressant.

Que faites-vous dans le sud de la France ?

"Depuis le début juillet, je fais une tournée qui s'appelle les "Nocturnes littéraires", qui a lieu entre Marseille et Toulon. Nous allons donc à la rencontre de nos lecteurs, ce qui m'a permis de revisiter cette belle région".

Parlez-nous de votre livre... "C'est une double autobiographie ou plutôt la biographie de notre couple. Je raconte ma vie avec Jacques depuis nos jeunes années. Je décris toute cette carrière que nous avons construite côte à côte et toutes les anecdotes sur la façon qu'il avait d'appréhender ses rôles, à la fois au cinéma et au théâtre. D'autre part, je décris aussi son combat contre cette maladie qui l'a emporté le 28 janvier 2005".

Jacques Villeret, vous l'avez rencontré en 78...

"Non, je l'ai rencontré bien avant, lorsque nous étions étudiants tous deux en art dramatique. Mais notre histoire a commencé en juin 78. Ca a démarré au quart de tour... (rires). Nous avons vécu toutes ces années très près l'un de l'autre. Je crois que si la maladie de Jacques n'avait pas entravé notre parcours, nous serions toujours ensemble et vivants, à choisir encore de très beaux rôles. Jacques aurait pu encore rencontrer de magnifiques personnages, à sa dimension. En prenant de l'âge, il aurait pu jouer tous les grands titres du répertoire".

Votre rupture avec Jacques Villeret a eu lieu quand ?

"Nous n'avons jamais vraiment rompu. Nous sommes toujours restés extrêmement liés jusqu'à la fin étant donné la force de notre histoire. D'autre part, j'étais en train de mourir parce que sa maladie prenait trop d'importance. Vivre avec quelqu'un qui est atteint d'alcoolisme, c'est extrêmement douloureux. On porte sa souffrance par-dessus la sienne. Donc, je lui ai demandé de ne plus boire à la maison, parce que je ne pouvais plus être ni le témoin ni la complice, alors que nous savions depuis 10 ans qu'il était condamné par la médecine. Ce choix d'arrêter, il n'a pas pu le faire".

Pour quelle raison s'est-il mis à boire ?

"Dans sa jeunesse, Jacques a vécu un drame familial. À douze ans, il s'est aperçu qu'il ne s'appelait pas Jacques Villeret et que son papa n'était pas son papa biologique. Donc, il a développé une haine du mensonge et de l'adulte. Le pire c'est qu'on lui a refusé toute explication. En plus, on avait fait disparaître toutes les traces, découpé toutes les photos. Donc, il a vécu dans le fantasme de son père. Par la suite, au moment où il a créé la contrebasse, il y a eu une rencontre avec son vrai père qui s'est très mal passé. C'est là que tout a basculé et qu'il a décidé de mourir".

Ce sont des mots très durs. Vous pensez que c'était vraiment une décision claire ?

"Oui, parce qu'il répétait sans cesse, notamment quand il était sous alcool, qu'il n'était pas programmé pour vivre, que c'était dégueulasse de l'avoir fait naître, qu'il était plutôt fait pour la mort que pour la vie. Comme tous les comiques, c'était un grand désespéré. Il faisait rire pour moins pleurer".

On vous a beaucoup reproché dans diverses émissions de télévision d'étaler cette histoire dans le grand public.

"Moi, je crois que ces gens-là n'avaient pas lu mon livre. D'ailleurs, je reçois des milliers de courriers de gens qui me soutiennent. Si je suis sortie de l'ombre, alors que nous avons eu une vie extrêmement discrète en n'acceptant que très peu d'interviews en couple, c'était parce que j'en ai ressenti le réel besoin. Quand j'ai appris le décès de Jacques, j'ai eu une espèce de colère, de rage mêlée à une grande douleur, parce que j'espérais qu'il s'en sortirait. Puis, j'ai eu besoin de cette dernière conversation avec lui, pour relier les bons et les mauvais souvenirs. J'ai donc écrit mon livre en 3 mois, jour et nuit. Dans mes écrits, j'ai l'impression d'avoir fait preuve de beaucoup de compassion. J'ai aussi voulu aider ceux qui vivent ce drame dans l'ombre. L'alcoolisme est une maladie qui fait beaucoup de victimes partout dans le monde. Je crois que ma meilleure réponse à ces attaques, c'est mon livre. D'autre part, je pense que s'il y avait eu de réelles mauvaises intentions, on ne m'aurait pas édité chez Flammarion. Lorsqu'on lit ce livre, on aime encore plus Jacques, et on comprend encore mieux pourquoi on l'a aimé".

C'est quand même choquant de révéler son alcoolisme ?

"Au décès de Jacques, ses meilleurs amis ont révélé dans la presse son drame d'enfance et aussi sa maladie. On a eu l'impression que c'était une révélation sensationnelle, alors que j'ai des milliers d'articles avec des interviews qu'il avait données, où il disait tout sur sa maladie. En même temps, c'est vrai qu'il refusait de se soigner. Un jour, sa mère l'a fait enfermer à Sainte Anne. Comme pour lui ça a été atroce, il m'a supplié de venir l'en sortir. Aujourd'hui, je suis obligée de mettre un terme à notre histoire. Jacques avait contracté des dettes en s'achetant une maison au lieu de payer ses impôts. C'était son choix et je ne le juge pas. Mais son intimité va être exposée puisqu'il y aura une vente aux enchères qui verra partir l'ensemble de ses affaires".

Propos recueillis par E.L.

Entre Marseille et Toulon, Irina Villeret a dédicacé sa biographie de Jacques Villeret. (louvain)

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