A l'Excel, Yves Feys

a connu l'Europe...

mais aussi l'angoisse

d'une fin de carrière

DEURNE S'il est bien une case maudite sur l'échiquier hurlu, c'est celle occupée par le gardien de but. Ainsi, depuis son arrivée en D 1, en 1996, le club frontalier a consommé... sept derniers remparts en championnat, soit, dans l'ordre chronologique: Erik De Koeyer, Rade Mojovic, Yves Feys, Francky Vandendriessche, Thomas Debenest, Kurt Vandoorne et Dennis Duinslaeger! L'actuel capitaine mouscronnois, Francky Vandendriessche, fut l'un des plus touchés par la guigne, puisqu'il fut quasi contraint à une année blanche. Mais la palme de la malchance revient sans conteste à Yves Feys. Transféré en 1997 du Cercle Bruges en même temps qu'Hugo Broos du Club, le Flandrien, qui fit, un temps, partie du cercle élargi des internationaux de Georges Leekens, entama pourtant sa carrière hurlue par une campagne sans faille, ponctuée des trente-quatre matches de championnat et des quatre rencontres de Coupe de l'Uefa de l' Excel.

Nos résultats ne furent pourtant guère folichons, explique Yves Feys. Mais c'est vrai, j'avais très vite trouvé ma place au Canonnier.

Puis, en mai 98, l'accident. Stupide. Une balade en vélo. Une chute. L'épaule touchée...

Au départ, rien ne laissait supposer que ce petit incident aurait une telle incidence sur ma carrière, se souvient le gardien brugeois. Après un repos d'un mois, ce ne devait devenir qu'un mauvais souvenir. Je me suis présenté confiant à la reprise des entraînements en juillet, prêt à disputer une campagne 1998/1999 intense. Je le croyais. Je n'ai pourtant plus jamais gardé les buts de l' Excel... On diagnostiqua en effet ce jour-là qu'il me fallait subir une opération. Je devais ensuite patienter un mois tout au plus. Puis, l'engrenage... Une deuxième opération. Suivie d'une troisième. Deux saisons sans jouer. J'ai pensé ne plus jamais pouvoir monter sur le terrain. D'autant que, en fin de contrat en juin 2000 et toujours blessé, je ne voyais pas qui oserait prendre le risque de miser un kopek sur moi...

Mais le miracle prit les traits du club de son coeur, celui dont il défendit les filets 199 fois en D 1, durant sept saisons d'affilée: Le Cercle, en D 2, relança ma carrière. Je dus patienter jusqu'en décembre pour l'en remercier.

Geoffrey, mon ami...

Mais en fin de saison dernière, Yves dut se remettre à nouveau en quête d'un employeur: Je n'ai pas croulé sous les propositions. Seul Beveren me courtisa... timidement. Puis, fin septembre, confronté aux blessures de Klak et Parizek, ses deux gardiens, l'Antwerp me proposa un contrat. Une aubaine. Qui me permit d'effectuer mon grand retour en D 1 le 10 octobre 2001 (NdlR: sa dernière apparition remontait au 10 mai 1998 à Genk).

Ce soir, contre l' Excel, Yves sera pourtant sur le banc. Un nouveau venu, Talia, gardien australien de son état, lui piqua son poste: C'est clair que je préfère jouer. Mais je suis déjà très heureux d'avoir un contrat...

A Mouscron, Yves Feys revient deux ou trois fois par saison: Pour humer l'atmosphère du Canonnier, un délice... Je suis régulièrement en contact avec d'anciens Hurlus, Yves Vanderhaeghe et Koen De Vleeschauwer.

Le n°2 anversois avoue être ravi du retour sur le terrain de Claeys: Geoffrey est un ami. Nous avons disputé de belles saisons au Cercle...