Né au Congo, Didier Mbenga dut, en 1999, à 17 ans, quitter son pays, accusé, à tort, d’être un Tutsi. “Quand Mobutu est tombé et que le régime de Kabila s’est mis en place, la chasse aux Rwandais s’est opérée”, confie le basketteur des Lakers. “Un jour, je rentrais chez moi en courant, car ma maman m’appelait. La police, présente dans la rue, a cru que je tentais de lui échapper parce que j’étais... Tutsi ! Ils sont venus me chercher à la maison, ont tous braqué leur arme sur moi. Ils ne voulaient plus voir ma tête au Congo. Pour échapper à la prison, j’ai donc été obligé de fuir. Vers la Belgique...”

Laissant derrière lui sa famille, composée de 21 enfants, il devient un réfugié comme beaucoup d’autres, mais le basjet va lui permettre de quitter l’illégalité...

Naturalisé belge, le géant de 2,14 m reste attaché à ses racines. Et il n’hésite pas à rendre hommage à ses origines dès qu’il en a l’occasion. C’est pourquoi il est actuellement à Kinshasa, à l’invitation du gouvernement congolais, pour célébrer les 50 ans de l’indépendance de son pays natal, malgré un programme très chargé partagé entre les cérémonies de son deuxième titre conquis avec les Lakers et les négociations pour un nouveau contrat au sein de la Grande Ligue. DJ a acquis une dimension supplémentaire, que ce soit en Belgique mais aussi en Afrique où il tient valeur de modèle désormais pour tous les jeunes amoureux de basket-ball.

“Mon désir était évidemment d’être présent sur place. C’est l’occasion de présenter officiellement mes bagues de champion au gouvernement et au peuple congolais”, déclare Mbenga. “Par ma présence au sein de l’effectif des Lakers, double-champion en titre NBA, j’ai acquis un autre statut aux yeux des gens et c’est aussi à tous ceux qui me supportent que je dois tout cela.”

Dans la lignée de Mutombo

Si Dikembe Mutombo, ex-basketteur congolais en NBA, reste la figure africaine emblématique en basket-ball, Didier Mbenga a désormais lui aussi fait son trou avec un palmarès riche. Son ascension et sa carrière ont de quoi éveiller les envies auprès des plus jeunes.

“J’ai toujours voulu être un exemple pour les plus jeunes”, poursuit le pivot belgo-congolais. “Je n’oublie pas d’où je viens. Je sais ce que c’est d’être malheureux. C’est pourquoi je désire faire rêver les gens et donner espoir à tous les jeunes défavorisés qui, comme moi, ont vécu des moments de douleur atroce et souhaitent un avenir meilleur. Avec la volonté et le travail, rien n’est impossible. C’est également mon rôle maintenant, de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour guider les gens qui en ont besoin, mais également représenter le Congo et l’Afrique le plus dignement possible.”

C’est donc avec beaucoup d’émotions que Didier est rentré au pays : “Quoi qu’en disent mes détracteurs, j’ai réussi à marquer mon époque en tant que Belgo-Congolais. C’est extraordinaire de sentir le soutien dont je bénéficie. Voir Dikembe Mutombo, vêtu d’un maillot à mon nom, et Axel Hervelle venir me soutenir lors des finales, c’est quelque chose de très grand. C’est dans ces moments que l’on prend conscience de l’image que l’on peut véhiculer. Si je peux aider le peuple congolais via mon statut, c’est donc avec grand plaisir.”

Didier est heureux de présenter ses deux bagues de champion NBA au peuple congolais.

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