De mémoire d'artificier,

c'est le premier vol aussi important depuis 1984

ECAUSSINNES 2 juin 1984: des inconnus s'attaquent au dépôt d'explosifs de la carrière de Scoufflény à Ecaussinnes - celle-là même qui est aujourd'hui sous eau, que les plongeurs avaient adoptée comme centre d'entraînement et qu'ils devront quitter d'ici quelques mois. Dans leur rapport rendu public, les CCC qui étaient alors encore totalement inconnus du grand public et des services de police désignent des révolutionnaires internationalistes. Pierre Carette, seul CCC toujours détenu, et ses amis se garderont bien de reconnaître la paternité du vol.

Ce jour-là, il y en avait pour 816 kilos d'explosifs: de la tolamite, de l'irémite, du triamite et de la dynamite.

C'est le plus gros vol d'explosifs jamais réalisé dans notre pays.

Des explosifs que se partageront les Cellules Communistes Combattantes, les terroristes français d'Action Directe et ceux, allemands, de la Fraction Armée Rouge (RAF), notamment lors d'un attentat contre l'école des officiers de l'Otan (la Shape School, le 18 décembre 1984, à Oberammergau, dans ce qui s'appelait encore la RFA. Avec leurs explosifs, les CCC n'ont pas lésiné sur les moyens, faisant sauter tour à tour les bureaux de la firme Litton, à Bruxelles, les camions de la firme Man, Honeywell, le centre Paul Hymans, le secrétariat du CVP à Gand, s'attaquant à la base de Bierset, aux oléoducs de l'Otan, à un centre de l'Otan à Woluwe-St-Etienne, etc. Jusqu'au tragique 1er mai 1985 où deux pompiers de Bruxelles seront tués par l'explosion provoquée par les terroristes!

A l'exception d'Ecaussinnes et de carrières essentiellement rassemblées dans le Tournaisis, il y a peu d'explosifs à trouver dans nos carrières.

En France, les vols d'explosifs sont plus fréquents: à l'époque des CCC, on se souvient d'un vol important commis à Trelon, dans le nord de la France. Ou du vol d'un camion d'explosifs entre Lyon et Grenoble. Il est vrai que la clientèle est beaucoup plus importante dans l'Hexagone: l'ETA, qui en a fait sa base arrière, s'alimente notamment sur le marché français.

Des gangs de truands prêts à tout - notamment à Marseille - ont également besoin d'explosifs pour certaines attaques de banque ou de fourgons blindés.

Presque 18 ans après les CCC, voilà donc le second vol important d'explosifs commis dans notre pays. A qui serviront-ils?