Francophile convaincant, Christophe Giltay est correspondant à Paris pour RTL depuis 1994.

Après un cursus à Lille, en 1986, Christophe Giltay entre à Radio France puis RFI. Une opportunité se présente à Luxembourg, en 1987, lorsque se créent M6 et RTL-TVi . Début des années 90, l’avenir de RTL9 semblait compromis et il débarque à Bruxelles pour le lancement de Bel RTL. “Je suis belge, mais j’ai vécu toute mon enfance en France. D’où ce caractère franco-belge lié à mon travail.

Comment vous retrouvez-vous à Paris ?

“Stéphane Rosenblatt était le correspondant à Paris. Appelé à Bruxelles, c’est François Amant qui le remplace. Là aussi, le journaliste est très vite promu à la rédaction à Bruxelles, et c’est à moi qu’on demande de prendre la relève, en 1994. Un choix logique puisque je connaissais bien la France et la politique française. Finalement je ne suis resté en poste à Paris que 3 ans. On avait un bureau, situé dans les locaux de R TL Paris, puis à M6. En 1997, je suis devenu rédacteur en chef-adjoint du JT.”

Mais vous restez le spécialiste des affaires françaises…

“Oui, et j’ai d’ailleurs conservé une chronique quotidienne sur Bel RTL, Champs Elysées, qui avait débuté en 1994. Depuis 19 ans, tous les matins, je fais un papier sur la politique française ou sur un sujet plus général.”

Vous ne lisez que les journaux français ?

“Je vis à cheval entre Paris et Bruxelles. J’ai un appartement à Paris, c’est plus facile pour y faire des reportages ou pour couvrir des grands événements comme les Présidentielles. Je suis en permanence ou dans le Thalys ou sur l’autoroute. Je suis binational…”

Lors d’une conférence à Paris, RTL-TVi bénéficie de l’image de RTL  ?

“Évidemment, si on prend rendez-vous pour une interview, on se présente comme RTL Belgique . Il n’y a pas de confusion possible avec RTL France . Par contre, dans la rue, les gens voient RTL sur la voiture et ou le micro et ils pensent que c’est lié à la radio. Aujourd’hui, avec la multiplication des chaînes, en France, sur l’affaire DSK, nous étions 60 caméras au siège du PS ! Là, si vous n’êtes pas d’une grande chaîne, vous n’avez personne ! Pour les personnalités qui connaissent un peu RTL-TVi , ils savent que nous sommes l’équivalent de TF1 , en Belgique.”

En près de 20 ans, les hommes politiques vous reconnaissent aussi ?

“Oui, mais les rapports ne sont pas les mêmes. Il n’y a pas les relations familiales avec la presse que l’on connaît, ici. Les hommes politiques français restent très difficiles d’accès sauf pour TF1 ou France Télévisions… J’ai quelques bons contacts, ce qui a permis à François Hollande de passer à RTL House pour un long entretien, un an avant son élection, lors d’une visite à Bruxelles.”

Pourquoi Paris est un enjeu important pour les Belges ?

“C’est notre capitale culturelle. Quand j’étais gamin, à Liège, la France était la référence absolue. Paris a toujours été un modèle pour le monde francophone.”

Mais la politique n’est pas la même que la nôtre…

“Oui, mais elle est plus lisible. Dans mon livre, j’explique le système de la Monarchie française. Et puis en France, on sait tout de suite qui a gagné les élections et qui les a perdues. Pas exactement chez nous… J’ai suivi toutes les élections présidentielles depuis 1974, alors que je n’avais que 13 ans.”

Le Thalys a tué le métier ?

“Pas la fonction, le bureau ! (rires) J’en parlais souvent avec mon confrère de la RTBF, Istvan Felkaï, il n’y a plus de raison de rester en place, puisque nous sommes à 1h20 de Bruxelles. La dépense d’un loyer de bureau ne se justifie plus.”

Interview > Pierre Bertinchamps

Pour Christophe Giltay, la France est la référence absolue. RTL