Deuxième

du Tour 1955, il évoque ses années de cyclisme

MOMALLE Oh, mais c'est le coureur, s'exclame une dame en apercevant Jean Brankart revenu dans le village où il a passé une majeure partie de sa vie. A Momalle, personne ne l'a oublié. Mais comment oublier celui qui a notamment terminé deuxième du Tour de France en 1955, derrière Bobet et devant Charly Gaul? Avec son tempérament de battant, Jean Brankart se remémore, avec une certaine amertume même s'il reste reste aussi le meilleur souvenir de sa carrière, ce Tour 55 qu'il aurait peut-être gagné si l'équipe belge avait roulé pour lui.

À l'époque, le leader était Ockers, explique-t-il. Il y avait des clans au sein de notre formation. Je n'ai pas été bien secondé, à l'inverse de Bobet. Dans l'étape Briançon-Monaco, je faisais partie d'une échappée de 17 ou 18 coureurs dont 4 Belges. A 1,5 kilomètre de l'arrivée, j'ai crevé et je n'ai reçu la roue de personne. J'ai dû me débrouiller seul, ils ne m'ont pas vu... m'ont-ils dit.

Réputé pour son franc-parler, Jean Brankart garde cependant de bons souvenirs de ces années passées dans le milieu professionnel du cyclisme.

J'ai gravi assez rapidement les échelons puisque j'ai commencé en 1949 à l'âge de 18 ans et je suis passé professionnel à la fin de l'année 1952, tout en ayant perdu un an à cause du service militaire en 1951. Malheureusement, j'ai dû mettre un terme rapidement à ma carrière en raison de problèmes de santé alors que je commençais à connaître le métier.

Le 12 juillet 1960, jour de son anniversaire, Jean Brankart, à bout de forces, abandonnait dans le Tour de France et décidait sur ordre médical d'arrêter le cyclisme. Par la suite, c'est avec le club de cyclotourisme de Momalle qu'il continuera à assouvir sa passion.

Mais, depuis deux ans, Jean Brankart a rangé définitivement son vélo. Aujourd'hui, il n'aspire plus qu'à rester chez lui ou à partir en promenade avec son épouse. Mercredi, il n'ira pas à l'arrivée de l'étape du Tour à Seraing et ne sera pas non plus au départ à Huy. Cela ne l'intéresse plus. Par contre, c'est devant son téléviseur qu'il suivra assidûment ce Tour de France 2001.