Série (1/5) : Les crimes célèbres à BruxellesparFlorence Scherpereel

1906. Jeanne, longtemps symbole belge de l’enfant assassiné, est morte rue des Hirondelles

BRUXELLES La répulsion collective que suscite le meurtre d’enfants innocents n’a pas d’époque. Il y a plus de cent ans, un crime en particulier a marqué les esprits à travers le pays. C’est le meurtre de la petite Jeanne Van Calck, 8 ans, dont le cadavre a été découvert dépecé le 7 février 1906 à la rue des hirondelles, près de l’UGC de Brouckère actuel.

Au sous-sol du Cercle d’histoire de Bruxelles, nous avons recherché les articles de journaux de l’époque qui témoignent de la découverte du corps et de l’enquête. Ce jour-là, il y a 104 ans, un machiniste du théâtre de l’Alhambra découvre sur le seuil du numéro 22 un paquet suspect.

Aussitôt, il hèle un agent qui plonge une main hésitante à travers les couches de papier ficelées de chanvre. Il en retire une chevelure blonde. Les jambes de la fillette ont été sectionnées au niveau de l’aine. “Par un professionnel : un boucher, un médecin”, conclut un légiste.

Jeanne a succombé à un étouffement, après avoir été contrainte d’ingurgiter une grande quantité d’alcool et avoir subi les pires sévices. L’enterrement fut organisé le 11 février. Bruxelles, glacée d’effroi, réservera des funérailles grandioses à l’enfant martyr. Dix mille personnes se pressent pour voir passer le corbillard. Le bourgmestre De Mot conduisit en terre le petit ange de la rue des Hirondelles…

On maudit le responsable du crime atroce. La police sonde le canal car on n’a pas encore retrouvé les membres inférieurs de la petite victime. C’est environ une semaine après la découverte du tronc que les jambes et les bottes de Jeanne furent retrouvées.

Depuis lors, aucune autre preuve ou information n’a pu faire avancer l’enquête. Les chroniques débordaient de critiques sur l’incurie de l’instruction et l’incompétence des policiers, qui n’ont jamais retrouvé le meurtrier. La petite Jeanneke demeurera éternellement un enfant martyr.

F. Sc

La main d’un dépeceur a ravi la vie de la petite Van Calck, devant le numéro 22 de la rue des Hirondelles.

La rue des Hirondelles telle qu’elle est aujourd’hui. Des bureaux et parkings ont remplacé les maisons d’époque, dont le numéro 22.