Dans un premier temps, John Stargasm, le leader de Ghinzu, qui a pu tester la popularité de son groupe l’été dernier en étant programmé à Rock Werchter ne veut pas trop s’avancer au sujet de BHV. Ce sera donc, peut-être, plutôt John Israël, le citoyen, qui s’exprimera ne voulant pas engager Ghinzu sur une voix politique : “Je ne me suis jamais impliqué pour des causes politiques au nom du groupe même s’il m’arrive, par exemple, de faire des dons à titre personnel comme toute personne qui se respecte. J’ai simplement l’impression que si je faisais un morceau qui parle de politique ce serait un mauvais morceau. Qui passerait sur des mauvaises radios. Nous, quand on joue dans une salle devant des Flamands et des Francophones, c’est simplement chaud. BHV est un exemple de problème communautaire dont je commence à m’énerver. J’en ai marre, ça devient grotesque. Je suis de moins en moins fier d’être Belge même si cette fierté est toujours bien présente quand je suis à l’étranger. Je bosse avec un manager flamand, dans mon agence, je travaille avec des Flamands et tout se passe très bien mais manifestement pour les gens qui nous représentent ça ne fonctionne pas. Et rien n’avance. Il faut dire qu’on est confronté à une réalité dans laquelle règne un climat de méfiance. Comme dans un couple qui pense se séparer. Si on ne s’inscrit pas dans une perspective de long terme, on flippe forcément sur tout. Alors qu’au niveau juridique, législatif, européen, notre sort est lié mais la situation devient compliquée si chacun se replie sur soi-même. Autour de moi, tout le monde est pessimiste. Il faudrait que les politiciens aident ceux qui les ont élus à faire les bons choix pas qu’ils fassent simplement en sorte qu’on vote pour eux.”

Ghinzu en concert à Forest National.