Daerden l'a décidé seul: bien que sollicité,

il restera à Genk

GENK C'est l'histoire, toute simple et attachante, d'un fils de bonne famille qui se fait un nom.

Marina, sa maman, ne rate aucun de ses matches. Liesbeth, sa discrète copine, l'a couvé, émue, d'un regard embué en triturant un fin mouchoir. Le frère, de deux ans son aîné, a applaudi à tout rompre. Le père a dilué sa fierté dans des considérations d'entraîneur. Dimanche, le héros d'une exaltante soirée a sacrifié, avec pudeur et gentillesse, à de multiples sollicitations médiatiques. Puis il a dérivé vers l'oasis familiale, pour décompresser. Comme il l'a toujours fait. Il n'est pas près de rompre les amarres qui l'ancrent à son port d'attache. Il ne cherche pas à s'émanciper, à s'affranchir d'une tutelle paternelle qui ne l'écrase pas. Même s'il cesse déjà d'être le fils de...

Koen Daerden est le plus jeune titulaire d'une des trois équipes candidates au titre. Il aura vingt ans le 8 mars prochain. Il n'a manqué que seize minutes de jeu en vingt-trois matches. Seul, au Racing, Thijs a fait mieux encore. Dimanche, contre Bruges, Koen Daerden a crevé l'écran en ponctuant un raid irrésistible d'un but tout en finesse qui a assommé les leaders. Je savais qu'il pouvait le faire, se rengorge son entraîneur de père. Plus il évolue, plus il ressemble à... Bart Goor qui s'est, lui aussi, révélé à Genk. Ailier gauche de formation, Koen a très vite été capable de déborder en conduisant le ballon des pieds sur une cinquantaine de mètres, d' effacer en puissance et en accélération deux ou trois adversaires simultanément. Il peut, aussi, répéter cet effort intense plusieurs fois par match. Il recèle, comme moi naguère, des qualités d'endurance et de combativité supérieures à la moyenne. Comme moi, il est beaucoup moins apte à dribbler dans un mouchoir de poche. Nous nous ressemblons beaucoup. Je ne décèle que deux différences entre nous: Koen est gaucher, je suis droitier. Et, comme le clame Raymond Goethals, je ne lui ai pas légué mes pieds carrés !

Dès qu'il a pris en charge l'équipe limbourgeoise, Sef Vergoossen a dispensé à Daerden un conseil avisé: Il lui a suggéré de se révéler un peu plus... égoïste devant le but, révèle Jos. Koen est altruiste par nature. Quand il se présentait devant le gardien adverse, il avait trop souvent tendance à chercher un partenaire qu'il croyait, à tort, mieux placé que lui. Il apprend à se faire violence. À demeurer plus cool dans le rectangle.

Pour persuader son fils, Jos a argumenté, à tout hasard: Koen sait éliminer un adversaire. Il varie intelligemment sa distribution et il se repositionne bien. Mais pour être complet, un élément de flanc offensif doit être en mesure de marquer entre cinq et dix buts par saison. Dans ce domaine, Koen possède encore une grande marge de progression.

Daerden est malléable, studieux, réceptif: Je suis fier de lui. Comme joueur et comme fils. Il est sociable et social. Il ne changera pas. Les enfants convergent naturellement vers lui. Il respecte sa famille, les règles que ses parents ont édictées. J'apprécie qu'il rende fréquemment visite à ses grands-parents. Il peut aussi être têtu. Et il déteste perdre...

Koen Daerden a déjà suscité des convoitises: Il a décidé, seul, de rester à Genk. Je le conseille mais je ne l'influence pas. Je suis même ravi qu'on commence à parler de lui... sans le surnommer le fils de Jos. Je m'efface devant lui avec fierté!