DIPLOMATIE

Pour les Affaires étrangères, il en allait “de l’image de la Belgique”

VIENNE L’ambassadeur de Belgique en Autriche a été limogé et rappelé à Bruxelles parce qu’il préférait… loger à l’hôtel.

On apprend en effet que si la Belgique a rappelé définitivement l’ambassadeur Claude Rijmenans, c’est parce que le diplomate préférait loger à l’hôtel avec son épouse qu’occuper la résidence officielle prévue à Vienne et pourtant mise à la disposition du couple.

Pour les Affaires étrangères, il “en allait de l’image du royaume de Belgique vis-à-vis de ses partenaires européens”; et le maintien en poste du diplomate était inconciliable “avec la présidence belge de l’Union européenne”.

Dans le rapport à l’origine de l’éviction, les Affaires étrangères reprochent en effet à l’ambassadeur son caractèreautoritaire et colérique, souvent en raison d’un problème de consommation d’alcool”.

Éviction que Rijmenans a voulu contester devant le Conseil d’État : selon lui, le gouvernement en affaires courantes ne pouvait prendre cette décision.

Mais le Conseil d’État vient de décider qu’“avec la présidence de l’Union européenne”, la Belgique ne pouvait laisser son ambassade à Vienne “dans une telle situation”.

L’ambassadeur de 62 ans menace à présent de mettre en cause la responsabilité du ministre belge des Affaires étrangères et de déposer plainte au pénal avec constitution de partie civile pour calomnies, diffamation et faux témoignages.

Ambassadeur à Vienne mais aussi en Bosnie-Herzégovine, Rijmenans était en outre le représentant permanent de la Belgique auprès d’institutions internationales. Dont l’Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires, en charge notamment de l’armement nucléaire en Iran.

Selon nos infos toujours, une inspection des Affaires étrangères à Vienne a révélé que l’ambassadeur n’y était “ni apprécié ni respecté par son personnel”; qu’“avec lui l’atmosphère de travail avec lui n’est pas franchement bonne”; que (Rijmenans) “démontre une incapacité à gérer les tâches qui lui incombent”; qu’avec lui “les décisions importantes sont reportées, bloquées ou laissées sans suite”.

On lit les mots : “portrait peu flatteur”, “dysfonctionnements”, “immobilisme navrant”.

Les Affaires étrangères n’encaissent pas non plus que l’ambassadeur ait fait passer en “indemnité de représentation” un repas avec son avocat personnel, l’avocat qu’il charge en effet d’attaquer… le département.

Claude Rijmenans dénonce des “allégations purement gratuites et vexatoires” et produit une attestation médicale établissant “avec certitude” qu’il ne présente “aucun signe d’alcoolémie aiguë ou chronique”.

Diplomate depuis 35 ans, il fut notamment en poste à : La Haye, Londres, Toronto, Athènes, Madrid.Gilbert Dupont