La défense marque un point : cinq femmes seulement dans le jury

ASSISES BRUXELLES Comme de coutume dans les crimes de type passionnel, la défense tente de constituer un jury composé très majoritairement de personnes du même sexe que celui de l’accusé.

Et, hier matin, Mes Xavier van der Smissen et Ariana di Dio n’ont pas fait exception à la règle. À leurs yeux, des hommes seront plus enclins à comprendre le désespoir de Mihai Stanescu, un proxénète roumain, né en septembre 1975.

Le débat de ce procès sera d’ailleurs de cerner le vrai mobile du père de famille, manifestement très amoureux de la jeune prostituée, Valentina Lefterache, qu’il a poignardée à une vingtaine de reprises dans un hôtel de passe de la place de l’Yser, le Fifth Avenue, le 5 décembre 2009.

Selon la procureure générale, Carole Fruy, la détermination de l’accusé à perpétrer cet assassinat tient en la perte de sa “poule aux œufs d’or”.

La défense de relever, par contre, que cette armoire à glace n’a jamais cessé d’avouer son crime, craquant comme une midinette devant les enquêteurs lorsqu’il évoque sa relation tourmentée avec celle qu’il a tant aimée.

En un mot comme en cent, le seul espoir de la défense de décrocher des circonstances atténuantes pour l’accusé est de plaider le drame passionnel, pour lequel des mâles auront plus facilement de la compréhension.

Par contre, la magistrate de l’accusation ne voit en Stanescu qu’une bête immonde qui frappait et torturait la jeune femme depuis son adolescence pour la mettre sur le trottoir. Il aurait exploité sa prostitution pendant plus de six années, en Roumanie déjà, puis à Bruxelles. Lui, le caïd était devenu sans le sou, logeant finalement dans une minable Honda Civic, sur un parking le long du canal.

Usant systématiquement de leur droit de récusation, Mes Ariana di Dio et Xavier van der Smissen ont déjà marqué un point : sept hommes et cinq femmes jugeront l’accusé à partir de lundi matin.

Jean-Pierre De Staercke