À la découverte de Lucien D'Antonio, le self-made-man

COLFONTAINE Quand le téléphone sonne et qu'il ne connaît pas le numéro, il ne répond pas. Certainement pas depuis lundi soir, mais bien depuis de très longues années. Malgré les responsabilités auxquelles il doit désormais faire face, Lucien D'Antonio n'a pas changé et ne changera pas. Avec une extrême franchise, le numéro un colfontainois nous a expliqué les faces cachées ou moins cachées de sa vie d'homme.

"Tout le monde m'appelle Lucien et la seule personne qui m'ait jamais appelé Luciano, mon vrai prénom, c'est mon institutrice de primaire. Comment je le prenais vis-à-vis de mes origines italiennes ? Ce sont justement des origines et moi, je suis né en Belgique. J'ai grandi à la cité Germinal au milieu de Belges, d'Italiens, de Maghrébins. Quelle différence..."

À l'heure de prendre une des décisions les plus importantes de sa vie, il s'est appuyé sur un soutien primordial : celui de la famille. "Je viens de fêter cette année mes 25 ans de mariage. J'ai aussi un fils adoptif de 17 ans et, avec toutes mes activités, je dois reconnaître que je ne l'ai pas beaucoup vu grandir. Ce week-end, on s'est mis à trois autour de la table et, si je n'avais pas eu leur accord, je n'y serais sans doute pas allé."

La vie de Lucien D'Antonio est en effet fort chargée.

"J'ai commencé à travailler en 1980 à Brassico à Ghlin. Lors de la fermeture en 1992, j'ai été employé pendant trois mois dans une compagnie d'assurance mais j'ai vite choisi d'ouvrir ma propre agence."

La grande passion, c'est le foot.

"Je suis vice-président du RSC Pâturages mais, si on m'attribue souvent les mérites du redressement du club, tout le mérite en revient à Joseph Di Rosa, qui l'a sauvé de la faillite. Je vis les matches de mon équipe très intensément. Quand on est passionné, on a besoin de ces moments où on s'extériorise."

Le vélo, envisagé un moment, c'est fini.

"Dans la vie, il faut faire des choix. J'ai fait celui de rester en famille pour le peu de temps qu'il me reste à côté de mes autres activités."

La politique lui a déjà réservé pas mal de surprises.

"J'étais candidat d'ouverture en 2000, parce que Jacques Degouy, qui était un ami et qui est décédé maintenant, est venu me le demander. Comme souvent, les gens intéressés n'osaient pas faire le premier pas eux-mêmes et Yvon Biefnot avait chargé Jacques de me convaincre. J'ai réalisé le 3e score en 2000 et je suis devenu échevin. Croyez-moi que je suis le premier surpris de ce qui m'arrive. Mais si je suis bourgmestre, dans le fond de mon coeur, je dis merci à Jacques. Il doit être fier de moi..."

Grégory Dufert

Les dossiers qui attendent le nouveau bourgmestre de Colfontaine sont chauds pour certains, mais le travail ne fait pas peur à celui qui a repris la barre du navire. (AVPRESS)