En septembre dernier, Delphine Dieudonné accrochait sa huitième médaille d’or lors d’un Championnat du Monde. Le Subbuteo n’est pas le sport (si, si, c’en est bien un !) le plus médiatisé, mais à sa manière, la Framerisoise, aujourd’hui domiciliée à Marche-en-Famenne, où elle exerce le métier de kinésithérapeute, a participé à la renommée de la Belgique au niveau international.

Contrairement à ce qui se passe dans le monde du ballon rond, notre pays fait encore partie des meilleures nations du football de table (l’Italie, où le sport est reconnu comme tel, est le pays numéro un au monde) et l’AS Hennuyer, chère à Olivier Père, n’y est pas étrangère.

Pour la joueuse phare du club, le Mondial de Rotterdam était l’occasion d’un retour aux affaires en catégorie féminine.

“La dernière fois que j’avais pris part aux Championnats du Monde, c’était en 2006 (NdlR : sa première participation remonte à 1994, date de son premier sacre mondial !)”, se souvient la Boraine. “L’année suivante, j’étais parvenue à me qualifier pour la catégorie Open, et ainsi me frotter aux meilleurs hommes, mais j’avais échoué au premier tour. Cette fois, je n’avais plus joué depuis un an. Et si j’avais tenu à être aux Pays-Bas, c’était d’abord afin de faire partie de l’équipe belge, et pas forcément d’ajouter une ligne à mon palmarès.”

Celui-ci est effectivement déjà bien fourni avec huit victoires en Championnats du Monde et deux au niveau européen, qui a la même valeur dans la mesure où la dextérité des Sud-Américains, sur la table, n’égale en rien celle de Ronaldinho et consorts. À Rotterdam, Delphine Dieudonné n’a dû élever son niveau que lors des quarts de finale, stade où elle fut opposée à la... Rochefortoise Jessica Hardenne.

“Ce fut, entre guillemets, assez simple pour moi dans la mesure où je joue beaucoup plus que mes concurrentes, et la plupart du temps avec des hommes de bon niveau. Il ne fallait pas prendre la compétition à la légère, mais pour beaucoup, j’étais gagnante à coup sûr !”

“Vers 14 ans, j’ai réellement progressé”

De quoi se demander d’où notre star du Subbuteo tient ce qui doit être considéré comme un don.

“Je me suis souvent posée la question sans forcément trouver de réponse. Peut-être me suis-je entraînée avec assiduité à la période où on progresse le plus, c’est-à-dire aux alentours de 14, 15 ans. C’est en tout cas à ce moment que j’ai commencé à gagner, souvent dans une catégorie plus élevée. Et puis, j’ai surtout persévéré. D’autres compagnons à Frameries, très forts eux aussi, se sont tournés vers d’autres passe-temps”, ajoute celle que l’on pourrait ne plus retrouver lors des manifestations à l’étranger. “J’aurai probablement l’opportunité de prendre part à la prochaine Coupe du Monde au Danemark, mais je me demande parfois si cela en vaut encore la peine...”

Désormais, c’est principalement sous les couleurs de l’AS Hennuyer qu’on retrouvera Delphine Dieudonné. C’était d’ailleurs le cas récemment à Tournai pour la Coupe d’Europe des Clubs. Partis avec l’ambition d’atteindre les quarts de finale, Delphine Dieudonné et les Écureuils sont rentrés au bercail la queue entre les jambes. Cinquièmes de leur groupe, ils ont dû se contenter d’une tristounette 17e position.

“Seuls les quatre premiers de groupe étaient qualifiés pour les 16es de finale et nous sommes tombés dans une des deux poules les plus relevées”, mentionne la championne, qui a notamment dû faire face à Milan et à Bologne, deux clubs italiens réputés. “Les meilleures formations européennes étaient de la partie. Nous savions que nous ne remporterions pas la médaille d’or, mais ne même pas atteindre les 16es de finale fut une cruelle désillusion.”

Y compris pour la numéro un mondiale, qui n’a pas été d’une grande utilité à sa formation : “Je n’ai pas pu réussir de miracle, malheureusement. Je n’étais pas dans un grand jour, et, en face de moi, on ne peut pas dire que j’ai retrouvé des manchots !”

Marie Busine