BRUXELLES L'affaire Arena restera un des faits politiques majeurs de l'année qui s'achève. Rétroactes.

Vendredi 3 décembre. Le groupe Sud Presse dévoile le montant de la facture des travaux de rénovation du cabinet de la ministre. Total: 300.000 euros. A midi, l'entourage de Marie Arena conteste le chiffre et promet une visite du chantier à 15 heures. A 14 h 30, il annule. La DH obtient un long contact téléphonique avec l'intéressée. Elle relativise les montants évoqués, assurant que cela concerne «un bâtiment de 11.000 m2 » . Elle nous explique la pose d'une douche en ces termes: «A la différence des autres cabinets, je n'ai pas, moi, d'appartement de fonction. Lorsque je suis invitée au Palais en fin de journée, il est tout de même normal que je puisse me rafraîchir» .

Mardi 7 décembre. Vivement interpellée par une question d'auditrice à la RTBF radio, Marie Arena réitère son explication: «Il y a un bâtiment () qui a été bâti il y a quinze ans et qui a besoin d'un rafraîchissement et ce rafraîchissement est de l'ordre de 300.000 euros» .

Mercredi 8 décembre. Le JT de la RTBF révèle que les 300.000 euros ne concernent pas un bâtiment de 9 étages et 11.000 m2, mais le seul 4e étage, qui abrite le cabinet de la ministre. Nous obtenons les documents qui le confirment. Nous joignons la ministre en soirée, qui assure avoir toujours dit la vérité aux journalistes, mais avoir été mal comprise. Interpellée sur l'existence, affirmée à bonne source, d'un appartement de fonction à son cabinet, contrairement à ce qu'elle nous assurait 5 jours auparavant, elle le reconnaît, mais explique qu'elle ne l'utilise pas elle-même, préférant en laisser la jouissance à ses collaborateurs.

Vendredi 10 décembre. Elle réitère publiquement ses explications, à la sortie d'un gouvernement commun Communauté française/Région wallonne: ce sont les journalistes qui l'ont mal comprise. Mais elle «comprend qu'il est parfois difficile sur antenne ou dans des colonnes de reproduire l'intégralité de ce qui a été dit» . Sous-entendu: la presse a mal résumé ses propos.

Dimanche 12 décembre. A Mise au Point , poussée par son parti confronté à une tempête médiatique qui gagne chaque jour en intensité, Marie Arena présente ses excuses «aux citoyens et aux journalistes» en reconnaissant que «la communication» n'avait pas «été correctement diffusée» par elle. En fin d'interview, les larmes embrument son regard lorsqu'elle avoue «souffrir» de l'affaire.

Mardi 14 décembre. Un sondage RTBF/DH est formel: 77% des citoyens désapprouvent la dépense, 58% ne croient pas en ses excuses et 39% souhaitent son maintien, contre 37% d'avis inverses. La DH révèle que lorsqu'elle est devenue ministre fédérale, elle avait déjà entrepris des travaux de rénovation et du changement de mobilier. Facture: 106.000 euros. Son chef de cabinet de l'époque joue la transparence.

Le même jour, elle s'explique au Parlement francophone et réitère ses explications: elle reconnaît une «communication défaillante» assurant avoir voulu «simplifier le message, non le travestir». Elle refait son mea culpa, même si les investissements réalisés lui semblent toujours justifiés.

Samedi 18 décembre. La DH dévoile que le fils de l'architecte qui a fait les travaux du fédéral et de la Communauté française travaille au cabinet. Tollé dans les partis politiques. Le MR, puis Ecolo, le CDH et enfin le PS demandent à Marie Arena de revenir s'expliquer au Parlement. Les travaux continuent à inquiéter, de même que la baisse promise de 10% des frais de cabinets, qui ne se retrouve pas dans les documents budgétaires soumis aux députés.

Dimanche 19 décembre. A Mise au Point, Elio Di Rupo défend sa protégée, une «bâtisseuse» qui «comme tous les Belges a une brique dans le ventre». Il dévoile que l'architecte a aussi réalisé les travaux à son «domicile de Binche et sa résidence de Forest» et fustige ce qu'il ressent comme de l'acharnement médiatique.

Jeudi 23 décembre. Au Parlement de la Communauté française, Marie Arena s'explique pour la deuxième fois. Espérant bien que ce sera la dernière.

© La Dernière Heure 2004