BRUXELLES Nous sommes en février 2004. Albert Mahieu, l’homme par qui l’affaire Assubel est arrivée au tribunal, est en contact étroit avec un avocat de Dutroux (décédé depuis) et X, qui voit des affaires partout en Belgique. Ce même X prétend avoir vu une cassette sur laquelle Julie et Melissa sont mises à mort. Sur la cassette, on verrait aussi le cardinal, prétend-il.

“Je viens d’une famille catholique, j’ai été élevé dans le respect de l’Église. Je n’ai pas agi à la légère”, nous disait M. Mahieu hier. En réalité, convaincu que l’on veut faire chanter Danneels, alors primat de Belgique cité comme papabile, il veut aller le prévenir. Et ne croit nullement qu’il est visible sur le document.

La rencontre a lieu le jeudi 5 février 2004 à l’archevêché. C’est probablement depuis lors que Danneels détient des éléments du dossier Dutroux, comme les photos des corps exhumés des fillettes. Une source nous confirme les avoir vues exhibées par le même Mahieu.

En tout cas, assure Mahieu dans les documents d’époque à l’attention des parquets de Bruxelles et d’Arlon, le cardinal lui a paru plus intéressé par le fait que lui-même apparaît sur ladite cassette. “Il a demandé si quelqu’un était au courant de ma visite. Ayant reçu une réponse négative, il poursuit et souhaite une discrétion absolue.”

Par la suite, Albert Mahieu dit être allé au Vatican, dénoncer les faits auprès de l’actuel pape, alors cardinal Ratzinger. “J’ai payé le voyage avec mon propre argent. J’ai fait cela parce que la réaction du cardinal Danneels était trop étrange”.

Hier soir, l’avocat du cardinal, Fernand Keuleneer, nous disait que son client était parfaitement serein face à la justice…

N. F.