Kader Nouni est apprécié mais il reconnaît que tous les matches ne sont pas faciles à arbitrer

envoyé spécial en France Thibaut Vinel

Son nom ne vous dira probablement rien: Kader Nouni. Pourtant, sa voix et surtout son visage lui confèrent une notoriété suffisamment importante pour que les gens le reconnaissent dans la rue. Sa voix et sa coupe afro le rendent unique.

Kader Nouni est un arbitre français qui fait partie des 25 badges or, palier le plus relevé dans la hiérarchie des arbitres, à travers le monde. D’ordinaire, un bon homme de chaise est un homme dont on parle très peu car, grâce à ses bonnes décisions, il laisse les premiers rôles aux joueurs. Controversé dans le milieu du foot, l’arbitrage ne connaît pas les mêmes troubles avec la petite balle jaune.

Kader Nouni s’est démarqué de ses collègues par sa capacité à sentir un match. Tantôt, il restera concentré et sérieux, tantôt il lâchera un petit commentaire humoristique sans se départir de son intransigeance.

“Je me souviens d’une rencontre avec Sharapova. Un homme avait crié : I love you. Au même moment, je disais : Thank you. Le public s’est mis à rire alors que je remerciais juste le public de se taire. Sur un autre tournoi, un spectateur a éternué si fort que ça a provoqué l’hilarité générale. Vu la physionomie du match, je me suis permis de lui répondre : À vos souhaits. Pour être un bon arbitre, il faut d’abord sentir les émotions qui gravitent autour d’une rencontre.”

Reconnu pour son feeling, Kader Nouni reste modeste par rapport à sa mission. “Je suis reconnu par ma voix et ma coiffure. Je suis lié à la WTA qui est couverte par Eurosport. Ainsi, les gens ont l’habitude de me voir à la télévision. J’essaye de montrer que j’aime mon job et je pense que les gens aiment cela.”

Pourtant, arbitrer, selon les clichés, relève du masochisme. “Un peu quand même”, confirme Kader Nouni. “Quand on n’est pas connu, les joueuses peuvent être impitoyables. Dans certains pays qui n’ont aucune tradition tennistique, les valeurs ne sont pas toujours respectées. Mais, dans l’ensemble, le tennis reste un sport de gentleman.”

Un sport de gentleman qui ne ressemble pas à un long fleuve tranquille pour l’homme perché sur sa chaise. Le Français, qui reconnaît que errare humanum est, redoute certaines conditions de match qui rendent une partie plus délicate.

“La durée d’une rencontre constitue un paramètre clef. Je me souviens d’un duel de 5h05 entre Ljubicic et Ondruska. J’avais démarré à 13h. En plus, il faisait très chaud. Tu vois le soleil qui se couche petit à petit. Garder une concentration maximale n’est pas toujours simple. Ensuite, diriger un joueur qui n’a pas confiance en vous reste complexe. Les conditions météo peuvent aussi nous gêner : des températures caniculaires, un vent violent… Enfin, il faut aussi savoir arbitrer une rencontre de Coupe Davis lorsqu’une grande partie du public porte un joueur au détriment de l’autre. Il faut être capable de les contrôler. Pour un jeune arbitre, c’est un gros test.”

Dans sa vie, il les a passés avec fruit, rendant d’immenses services à l’histoire de sa passion.

Th. V.

Le Français Kader Nouni est l’un des meilleurs arbitres du tennis.Reporters