Le CD&V perd encore des plumes. Le règne de Leterme aura coûté cher à son parti

BRUXELLES Herman Van Rompuy (CD&V) est donc bel et bien le nouveau Premier ministre.

Après maintes hésitations, le président de la Chambre s'est laissé convaincre par les membres de son parti et - peut-être plus encore - par les autres partis de la majorité.

Le parti d'Yves Leterme ne peut d'ailleurs cacher qu'il sort meurtri des échecs à répétition de son ex-homme fort.

Le cartel avec la N-Va qu'il avait lui-même créé n'a pas survécu à ce passage tumultueux par le 16 rue de la Loi et, ce mardi, au terme d'un savant jeu de chaises musicales, son parti a encore dû encaisser un nouveau revers.

En effet, après les élections de 2007, le cartel CD&V/N-VA comptait 30 sièges à la Chambre, ce qui en faisait le groupe le plus important de l'assemblée.

Depuis la fin du cartel, les choses ont bien changé et, hier, par le jeu des suppléances (CD&V et N-VA ont été élus sur les mêmes listes), les changements au gouvernement ont encore fait s'effriter la position du CD&V.

Le parti ne détient plus dorénavant que 23 sièges, à égalité avec le MR.

Concrètement, Herman Van Rompuy quitte le perchoir de la Chambre pour le 16. Il sera remplacé par un suppléant catalogué N-VA. Le suppléant du tout nouveau ministre de la Justice Stefaan De Clerck (CD&V) est aussi N-VA. Jo Vandeurzen, lui, reprend son siège, tout comme Inge Vervotte, la démissionnaire de dernière minute. La N-VA gagne donc un siège dans l'opération au détriment du CD&V.

À l'Open Vld, Patrick Dewael reprend son siège.

Selon certaines sources, la majorité aurait convenu qu'il faut relancer le dialogue de Communauté à Communauté. Parallèlement, les partis francophones auraient accepté de lancer un nouveau conflit d'intérêts sur la proposition de loi visant à scinder l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde et que ce dossier fera l'objet de nouvelles négociations après les élections régionales de 2009.

Pour la commission d'enquête parlementaire, on travaillera en deux phases : dans la première, on s'occuperait de l'éventuelle atteinte à la séparation des pouvoirs et ensuite de l'analyse de la gestion de la crise dans son ensemble.

Hubert Leclercq