Dispersés entre le Standard et Anderlecht, les frères Jaadi éclatent chez les jeunes

Pour le même prix, Reda Jaadi aurait pu couler des jours tranquilles à Newcastle, Lyon ou Benfica tandis que son frère Nabil aurait pu ne jamais endosser le maillot anderlechtois. Pour le même prix, le Clasico de vendredi aurait pu se jouer à télé fer mée chez les Jaadi sans que personne ne vienne s’en inquiéter. Mais l’histoire en a décidé autrement. À l’image des frères Batshuayi avec qui ils jouaient encore au Parc il y a quelques mois, les frères Jaadi sont aujourd’hui éparpillés entre le Standard et Anderlecht avec chacun la certitude d’avoir posé le bon choix.

“Je suis certain d’avoir choisi le bon club”, confie Nabil qui paraphera cette semaine son premier contrat pro anderlechtois. “C’est clair qu’au Standard, l’ambiance chez les jeunes est sans doute plus sympathique et décontractée, mais c’est aussi parce qu’ils vivent en internat toute la semaine. À Anderlecht, chacun rentre chez lui sans s’attarder.”

Et alors que son dernier frangin Khalid envisage d’emboîter le pas de ses aînés Reda et Walid chez les jeunes du Standard, le seul Nabil risque bien de se retrouver isolé dans son maillot mauve pour affronter les soirs de Clasico. “Ce n’est pas grave. Avant un Standard - Anderlecht, on n’arrête pas de se chauffer dans la famille, mais on ne tombe jamais dans la méchanceté.”

D’autant que chez les jeunes, les résultats plaident pour Nabil. Après avoir bastonné les moins de 17 du Standard 3-1 au match aller (avec un doublé de Nabil Jaadi), le prodige anderlechtois a une nouvelle empoché son duel face à son frère Reda en imposant un 0-4 bien tassé sur le terrain du Standard (avec un nouveau but au compteur de Nabil). “Mais Reda a vraiment bien joué”, confie Nabil. “Son équipe ne tournait pas, mais lui n’a jamais baissé les bras. Tout le monde connaît ses qualités.”

À commencer par la direction liégeoise (qui vient de tailler un joli contrat à Reda) et par Christian Negouai, l’agent attitré de la famille : “Reda, j’ai commencé à m’occuper de lui lorsqu’il est revenu d’une expérience ratée à Lille. Il fallait le relancer car dans sa tête, il était un peu chamboulé.”

Des problèmes de licence, de famille d’accueil et de temps de jeu avaient à Lille cassé le modèle Hazard derrière lequel Reda pensait sans doute pouvoir se caler. “C’est clair que le cas d’Eden m’avait fait un peu rêver”, confie Reda, qui pourrait rapidement emprunter le tracé suivi par son ami Michy Batshuayi. “C’est le meilleur joueur du Standard”, confient les quatre frères.

Il est vrai que pour avoir affronté des centaines de fois Michy au Parc de Molenbeek, la famille Jaadi connaît son sujet. “Mais je pense franchement que Reda pourrait facilement faire une quinzaine d’entrées dans une équipe comme Malines la saison prochaine” , ajoute Negouai. “Même s’il doit encore s’épaissir physiquement.”

Pour Nabil, les choses pourraient aussi s’accélérer même si les exemples de Kabasele, de Badibanga et de Barras lui ont appris à ne pas se précipiter. “Et à continuer à travailler.”

Avec papa Jaadi, les entraînements physiques sur les plages marocaines pourraient d’ailleurs bientôt payer.

Thibaut Roland

Le Standardman Reda Jaadi espère bien que son équipe première va battre celle de l’Anderlechtois Nabil Jaadi. RSCA.BE

D. R.