Les discours des représentants syndicaux ne s’accordent pas sur tous les points…

MÉTALLURGIE LIÈGE Alors que les travailleurs se rassemblaient nerveusement, une nouvelle fois, ce vendredi matin devant le siège administratif liégeois du géant sidérurgique, à Flémalle, dans la foule, certains hauts membres des syndicats avaient préféré se mêler aux travailleurs plutôt que d’assister au conseil d’entreprise.

C’était notamment le cas de Francis Gomez, président de la FGTB-Métal à Liège et de Gabriel Smal, permanent principal Métal pour la CSC. Et si, au sortir du conseil, les représentants syndicaux disaient haut et fort être contre le moindre licenciement, le discours de Francis Gomez… refroidi plus encore le froid.

Pourquoi ne pas assister au conseil d’entreprise ? “Car je sais ce qui se passe dans ces réunions, explique le n°1 de la FGTB Métal à Liège, c’est une étape procédurale dans le cadre de la procédure Renault.”

Concrètement, il s’agissait d’annoncer officiellement la volonté de fermer la phase à chaud. Sur cette fermeture précisément, l’homme ne se veut nullement optimiste… voire trop réaliste ? Le moins que l’on puisse écrire est que ses propos tranchent avec l’ambiance du jour…

“Oui très concrètement, je pense que pour nous, l’outil est fini, Liège est fini.” Et le froid ? “C’est un marché de dupe, ça va aller aussi très rapidement avec la fermeture de la phase à chaud”. Sur cet aspect, chacun s’accorde à dire que le chaud, seul, n’est pas viable. Lorsqu’on évoque dès lors la nationalisation de l’outil, Francis Gomez ne peut que prôner une nationalisation globale, ou rien.

Mais l’homme ne donne pas le signal pour baisser les bras, que du contraire : “Oui nous allons les emmerder on va gagner du temps, pour éviter que les travailleurs ne soient licenciés ainsi. Notre souci premier et unique reste bien sûr de trouver une formule en dehors de Mittal.”

De son côté, Gabriel Smal semble plus optimiste, idéaliste diront certains. Sa position résonne toutefois plus comme celle des travailleurs : “Il est impératif d’avoir une information claire sur la politique financière et industrielle de M. Mittal”, pour éviter le démantèlement du chaud puisque “faire une sidérurgie à froid sans le chaud serait terriblement bouleversant”.

On l’aura compris, les discussions entre direction et syndicats vont durer… et porteront sur le sauvetage des emplois, peu importe comment !

M.B.

Francis Gomez n’est pas optimiste pour le froid. Devoghel

Gabriel Smal préfère envisager le sauvetage du chaud. Devoghel