L’ancien grimpeur belge Wim Van Huffel est aujourd’hui soldat mais il roule encore, pour le plaisir, avec l’équipe nationale militaire

RENCONTRE JAMBES Il avait enflammé la Belgique, quand notre pays n’avait plus de coureur de Grand Tour. C’était en 2005, sur le Tour d’Italie, que Wim Van Huffel avait bouclé à la 11e place, grimpant avec les meilleurs dans la dernière semaine (4e et 5e d’étapes), sans oublier, cette même année, une 3e place au sommet du Mont Ventoux, devant Lance Armstrong, s’il vous plaît, au Dauphiné Libéré.

Mais, malgré une 17e place au Giro l’année suivante, il n’y avait jamais eu de confirmation.

Aujourd’hui disparu du peloton pro, Wim Van Huffel continue pourtant de manger des bornes, à vélo. Pour le plaisir. Mais pas en tant que simple cyclo, bien comme coureur, chez les élites sans contrat. “Une fois que ma carrière professionnelle s’est terminée, je me demandais dans quel domaine j’allais me reconvertir et j’ai opté pour l’armée, sur les conseils d’une connaissance”, explique celui qui dispute actuellement le Tour de Namur, une épreuve de cinq étapes qui se termine dimanche, réservée aux espoirs et aux sans contrat. “Je ne regrette pas ce choix, car devenir soldat m’attirait, notamment pour le statut de sportif de haut niveau. Je peux donc beaucoup rouler, faire de nombreux autres exercices. Être soldat me plaît. Des collègues de mon unité sont actuellement en Afghanistan. Il est probable que dans un futur proche, je parte aussi en mission à l’étranger.”

Quel regard porte-t-il sur le cyclisme aujourd’hui, et notamment sur l’émergence de plusieurs Belges qui ont percé sur les Grands Tours, comme Jurgen Van Den Broeck, Thomas De Gendt, Jelle Vanendert ou Maxime Monfort ? “C’est bien, mais je dois bien vous avouer que je suis de très loin l’actualité cycliste, j’ai assez donné, explique-t-il. Je préfère passer du bon temps en famille, avec mes deux enfants, plutôt que de regarder une course à la télé, même le Giro, que j’aimais beaucoup. Mais j’aime toujours le vélo et j’aime toujours rouler, notamment en compétition. J’ai récupéré un bon niveau; j’ai terminé récemment sixième de la Coupe de Belgique de Beauraing, qui était dure. Et ici, sur le Tour de Namur, le niveau est assez élevé, avec de nombreux très bons coureurs, dans de solides équipes. J’ai souffert de la chaleur le premier jour, sur un tracé exigeant. Mais dans l’ensemble, cela se passe bien. Je compte encore courir en compétition en 2013, pour le plaisir. Après, il sera temps d’arrêter.”

N’a-t-il pas de regret d’avoir vu sa carrière prendre une mauvaise voie, en 2008, quand il a quitté la structure Lotto après un bail de quatre ans (précédé de trois saisons chez Vlaanderen) ? “Si, ma carrière a été un peu trop courte, malheureusement, explique-t-il. Et puis, je n’ai vraiment pas eu de chance; j’ai signé dans une équipe qui n’a jamais vu le jour, H20. Je n’ai pas été le seul dans ce cas. C’est comme Jan Kuyckx (NdlR : le 2e de Paris-Tours 2008, battu au sprint par Gilbert, qui évolue désormais dans la petite équipe Marco Polo) ou Mathieu Criquielion, qui a arrêté sa carrière. Après je suis passé par d’autres petites équipes (NdlR : chez les Autrichiens de Voralberg et… les Grecs de Worldofbikes), mais ce n’était plus la même chose. Mais je ne regrette pas ma carrière. Il y a eu de très bons moments, comme au Giro, qu’on ne pourra pas me reprendre.”

Julien Gillebert

Aujourd’hui engagé par l’armée, Wim Van Huffel dispute le Tour de Namur avec l’équipe nationale des militaires. gillebert