Il publie peut-être

son plus beau roman, L'apparition

BRUXELLES En 1548, Juan Diego, un Indien aztèque, a vu la Vierge. C'est en tout cas ce qu'on prétend encore aujourd'hui au Mexique. Plus de quatre siècles après, Nathalie, une ophtalmo française de 40 ans, est pressentie par le Vatican pour se pencher sur l'aspect scientifique de cette manifestation surnaturelle. Ou bidon.

Nathalie, médecin n'ayant pas une minute à elle, athée, n'a, en théorie, rien à faire de cette affaire de curés. Et pourtant... Elle va se retrouver au centre d'une aventure pleine d'imprévus qui vont faire basculer sa vie.

Les coulisses du Vatican et la mort de Jean-Paul Ier

Didier van Cauwelaert signe là peut-être son plus beau roman. Il y a tout, ou en tout cas beaucoup de choses, là-dedans: un destin de femme, une histoire d'amour qui se cherche, des questions métaphysiques, un coup d'oeil aussi indiscret qu'édifiant sur les coulisses du Vatican, un vrai fond historique et, pour emballer le tout, le style éblouissant d'un des écrivains les plus doués de sa génération.

J'avais l'idée depuis un bout de temps, explique Didier van Cauwelaert. De plus, depuis plusieurs années, je m'intéresse aux scientifiques. Et puis, je me suis rendu au Mexique et, très vite, j'ai eu envie de m'y mettre.

Au détour de passages consacrés à la vie plus ou moins secrète du Vatican, Didier van Cauwelaert accrédite la thèse de l'assassinat de Jean-Paul Ier:

J'ai simplement lu les enquêtes. Il n'y a aucun doute sur le fait que la version officielle du Vatican constitue une série de mensonges. Il y a des éléments que je n'ai pas mentionnés dans le livre. Le cardinal Villot, alors secrétaire d'Etat, a fait disparaître le testament et les projets en cours de Jean-Paul Ier . Officiellement, il est mort d'une crise cardiaque en lisant La vie des saints, ouvrage que l'on ne retrouvera qu'à Venise, là où il habitait avant son élection! Et les embaumeurs qui se sont occupés de lui ont été appelés trente minutes avant l'annonce du décès du souverain pontife. Mais je demeure romancier et je mets en scène deux témoins, deux cardinaux, qui s'affrontent. Au lecteur de se faire une opinion...

La critique de l'Eglise est sévère:

Les marchands du Temple ont pris le pouvoir, cela me semble être une évidence.

TI ITALIQUE]Je n'ai pas besoin de croire

La lecture de L'apparition est susceptible de faire réfléchir ou de faire évoluer un cheminement personnel. A cet égard, Nathalie exprime des idées intéressantes. Exemple: Je serais prête à croire à un seul Dieu qui serait une sorte de voix intérieure s'adressant à nous dans la tombe et nous engueulant de toutes les occasions de bonheur que l'on n'aurait pas pu saisir.

En revanche, l'écriture de ce livre n'a pas ébranlé Didier van Cauwelaert: Je n'ai pas besoin de croire et je n'ai pas peur de ce que je ne comprends pas. Quand je travaille dix heures d'affilée et qu'un assemblage s'opère, je me rends bien compte qu'il n'est pas de moi. Est-ce que cela vient du fond de l'inconscient ou d'ailleurs? Je n'en sais rien et je ne demande pas à le savoir. Il y a une expression formidable dans le dernier ouvrage de François Nourissier à ce sujet: les aides invisibles. Mais elles n'arrivent pas seules. C'est le fruit du boulot, de la passion, de la demande, de l'effort, de l'exigence et du doute. Mais rien n'a changé dans mon comportement depuis que j'ai mis un point final à L'apparition. En revanche, j'enregistre beaucoup de réactions dans le public, et principalement chez les agnostiques qui me remercient.

Ceux-là, et les autres, croient en tout cas plus que jamais au talent de van Cauwelaert...

Didier van Cauwelaert - L'apparition -

Albin Michel.