Sont aussi très en vogue : les oliviers, les bananiers et les figuiers. L'exotisme, c'est branché !

BRUXELLES "Il y a 10 ans, les ventes exotiques étaient très confidentielles. Elles ont vraiment démarré en 2006-2007 et surtout en 2008 !"

Confirmation par un spécialiste en jardins exotiques, Stéphane Dubé, de la société Exogarden à Ferrières (région liégeoise) : les palmiers (dites Trachycarpus pour la variété la plus courue), les oliviers (olea europea), les figuiers, bananiers et autres plantes exotiques sont devenus un véritable must dans nos jardins !

"Tout vient de la France, d'abord les palmiers étaient au Sud, puis la vogue est remontée sur Bordeaux, sur Paris, la Bretagne et ensuite encore plus au Nord. Le climat au Nord est aussi moins rude qu'avant et une plante exotique c'est comme un petit air de vacances au jardin... Enfin, il ne faut pas nier que les achats sont aussi liés à l'image de marque : c'est du luxe, un peu comme rouler dans une belle voiture."

Voilà pour les origines. Ce gros importateur de Wallonie concède amener en Belgique plusieurs semi-remorques de plantations exotiques par an. "D'ici à dix ans, le palmier sera d'un commun..."

Le prix, d'ailleurs, ne semble pas effrayer la clientèle avide d'exotisme : "J'ai déjà vendu des oliviers d'un bel âge à 3.000 ou 4.000 € pièce. Un palmier de 2 mètres 50 se vend entre 500 et 600 €. J'ai même en stock un olivier de 800 ans à 4.800 €. Un 40-50 ans d'âge coûte 300-350 €."

Le tout, finalement, c'est d'acclimater ces belles plantes à notre fameux climat tempéré et de les protéger d'une trop grande humidité bien typique de chez nous. Dès lors, les spécialistes ne vont pas chercher trop au Sud et donc très au soleil ces plantes de prix. "Le nord de l'Espagne est idéal, car le climat y est déjà plus rude en hiver, avec du gel. Je vais exprès chercher les oliviers, par exemple, à la fin de l'hiver pour qu'ils connaissent un dernier coup de froid en Belgique. S'ils résistent, alors le client peut acheter en sécurité."

Les vrais spécialistes sont unanimes, en tout cas, pour décrier les ventes massives actuelles d'exotisme, un peu partout, dans les grandes surfaces, ou chez tous les pépiniéristes, entre géraniums et pétunias. "On vend n'importe quoi. J'en vois des clients mécontents dont les plantes ont rapidement crevé. Les conseils ne sont pas adaptés. Il faut un certain encadrement", dit-on aux établissements Decarpentrie à Malonne (région namuroise). L'olivier tricentenaire s'y trouve à 1.500 €. Et le figuier produit des figues comestibles en abondance ! Avis aux amateurs : des journées portes ouvertes débutent ce 10 mai jusqu'au 18 (www.decarpentrie-exotique.be).

Nancy Ferroni

Les plantes exotiques, c'est un peu l'image de marque d'un jardin ou d'une terrasse... (D.R.)