Salvatore Adamo au pays des rêves des enfants

BRUXELLES Son nouvel album sortira dans une semaine, le 2 janvier, et s'intitule La part de l'ange. Du monde des anges à celui du Père Noël, il n'y a qu'un petit jet d'ailes. Tout naturellement, Salvatore a accepté de revêtir pour nous et pour nos lecteurs l'habit rouge du Père Noël. Il est notre Père Noël 2006 !

Devant le beau sapin dressé dans sa villa d'Uccle, il n'y avait pas un photographe pour immortaliser l'instant, mais deux !

Derrière Momo, notre photographe maison, Nicole Adamo, l'épouse de Salvatore, avait sorti son GSM et voulait absolument l'image : "Je vais l'envoyer à nos fils. Ils n'ont jamais eu l'occasion de voir leur papa en Père Noël. Ils auront attendu, dans le cas de l'aîné, 37 ans pour cela."

L'aîné, c'est Anthony, qui est pilote de ligne et vient de signer un contrat à Air France. Le deuxième, Benjamin, 26 ans, est l'autre artiste de la famille. Batteur, bassiste et, à ses heures, chanteur, il a monté un groupe. Mais, pour ne pas souffrir de la comparaison, il est allé en Angleterre où, du reste, il avait terminé ses études. Son groupe s'appelle Largo.

C'est vrai que Salvatore Adamo fut un papa très occupé. Mais, si de fait il ne se souvient pas avoir déjà porté l'habit du Père Noël, au moins il a toujours tenu à être présent pour des réveillons qu'il passait avec ses enfants. "Pendant des années, j'avais une tournée au Japon en décembre et, tel le Père Noël, je rentrais pour les fêtes avec les bras pleins de cadeaux. Pendant que j'étais là-bas, Nicole avait dû s'occuper de l'éducation et des petites engueulades et moi, j'arrivais lâchement avec mon grand sourire et, quand même, toute mon affection."

Une fois seulement, il est resté au Japon où il a connu un Noël de là-bas : "Le Japon n'est pas de culture chrétienne et la Noël n'y signifie pas la même chose que chez nous. Depuis peu - je dirais depuis les années 80 -, c'est devenu, comme la Saint-Valentin, une fête commerciale, une occasion de vendre des tas de choses. Les chansons qu'on y entend en cette période sont Jingle Bells, White Christmas et... Tombe la neige. C'est pour cela qu'on m'avait demandé d'y faire une tournée de dîners-spectacles pour Noël. Le soir de Noël, après mon récital, j'étais invité dans un restaurant où tous les garçons étaient habillés en Père Noël. C'était très démythifiant. Il y en avait trop d'un coup."

Des Noëls siciliens ? "J'en ai vécu jusqu'à l'âge de trois ans, mais je n'en ai pas de souvenirs. Par contre, les Noëls de mon enfance étaient imprégnés des traditions siciliennes. En arrivant ici, ma famille sicilienne n'avait jamais entendu parler de la fête de la Saint-Nicolas. En Italie, c'est la Beffana qui gâte les enfants le jour de l'Épiphanie. Mais en Sicile, il y a une autre tradition : les enfants reçoivent des cadeaux le jour de la Fête des Morts, le 2 novembre. C'est une manière de perpétuer le souvenir des morts de la famille, de les rendre sympathiques aux enfants. À la Noël, nous avions la crèche. Pas trop le sapin qui est de tradition plus germanique. Les enfants recevaient des friandises. Et pour le réveillon, les gens se réunissaient entre amis. On venait parfois de loin. C'était l'occasion de se voir une fois l'an. Les adultes jouaient aux cartes. Pas pour de l'argent. Pour des noisettes. Comme cadeau, moi, je me souviens d'une toupie musicale, pleine de couleurs. J'étais émerveillé."

Et cette année, que va faire notre Père Noël le soir du 24 décembre ? "Mes enfants viennent ainsi que la fille de mon frère. Le 25, je reçois toutes mes soeurs." Petit détail en passant, à 63 ans et avec deux fils âgés de 37 ans et de 26 ans, Salvatore Adamo n'est pas encore grand-père. "J'aimerais bien. Ce serait dans la logique des choses. J'ai d'ailleurs écrit une chanson qui n'est pas encore enregistrée et où je raconte que, sur une plage, je vois un homme aux cheveux blancs qui ramasse des galets pour ses petits-enfants groupés autour de lui. Et j'y dis qu'à mon tour, je ramasse des galets pour quand j'aurai moi-même des petits-enfants."

Voilà peut-être ce qu'il faut souhaiter à notre Père Noël pour 2007.

Eddy Przybylski

Un Père Noël très international raconte ses souvenirs, imprégnés des traditions siciliennes et aussi un Noël au Japon. (bernard demoulin)