Le talent n’attend pas le nombre des années, dit le proverbe. Il peut aussi présenter de multiples visages et se trouver là où on ne le soupçonnerait pas. Popularisé par les Jeux Paralympiques qui, à chaque édition, obtiennent un retentissement plus important auprès du public et de la presse, le handisport démontre, si besoin en était, que les personnes handicapées sont également capables d’exploits sportifs.

En cette année de 50e anniversaire du mouvement paralympique belge, la LHF a souhaité marquer le coup. Seule Fédération sportive reconnue par la Communauté française pour le handisport de haut niveau, elle a revu ses structures, avec l’engagement d’un directeur général, pour réaliser sa nouvelle ambition. Celle de faire de notre pays une grande nation du sport paralympique. En points de mire : les Jeux de Rio 2016 (été) et ceux de 2018 (hiver).

Élargir la base

Première étape de ce travail qui s’inscrit dans le long terme : la détection de nouveaux talents.

“Nous avons eu tendance, ces dernières années, à nous reposer sur les athlètes de haut niveau existants (NdlR : le Mouscronnois Mathieu Loicq, par exemple, récent champion du monde paralympique 2010 de tennis de table, à Gwangju en Corée du Sud. qui décrocha l’or à Athènes, en 2004, et qui joue en D2... parmi les valides !) et à négliger un peu la base de la pyramide, pourtant primordiale au maintien d’une politique sportive ambitieuse”, regrette Anne D’Ieteren, la présidente de la LHF.

C’est donc dans ce cadre que s’est déroulée la première journée de détection des talents, le 27 novembre, à l’École royale militaire, à Bruxelles.

29 athlètes sont ainsi venus se tester dans différentes disciplines : tennis de table, natation, escrime, athlétisme. Parmi eux, peut-être la star de demain. Chacun recevra en tout cas une évaluation individuelle et sera peut-être reconnu comme Cadet. Il s’agit d’un nouveau statut mis sur pied par la LHF, à côté des autres, déjà présents : les Élites (qui émargent au gratin mondial), les Espoirs (qui prestent au niveau européen) et les Talents (performants au niveau national).

2.000 euros par club

Cette nouveauté a été rendue possible grâce à la Communauté française, qui subsidiera désormais également les Talents, qui, auparavant, étaient pris en charge par la LHF. Cette dernière peut donc allouer des fonds au soutien d’athlètes supplémentaires.

André Antoine, ministre des Sports de la CF, a, en outre, décidé d’octroyer, pour cette année, un subside de 402.000 € aux 201 clubs (soit 2.000 € chacun) membres la LHF ainsi que de la Féma (Fédération multisports adaptés). Une excellente initiative puisque les clubs sont parmi les acteurs fondamentaux et premiers du mouvement handisport. Un soutien de la base, pour mieux s’élever vers les sommets.

La journée de détection de la LHF a notamment cherché les stars paralympiques de l’escrime de demain…

Le successeur de Mathieu Loicq, champion du monde paralympique de tennis de table, était peut-être présent à l’École royale militaire…