Durant près de 30 ans, Léon Casaert a fait le bonheur des amateurs de la petite reine blanche

JUMET Une frappe puissante, une vitesse de déplacement exceptionnelle: Léon Casaert disposait de toutes les qualités requises pour faire un bon joueur de balle pelote. Durant près de 3 décennies, il a officié au poste de foncier, à l'arrière. «Les gens étaient surpris de me voir taper si loin alors que je n'étais pas costaud du tout, je pesais à peine 70 kilos. Un jour, quelqu'un a écrit que j'étais un roseau qui vaut tous les chênes». Léon Casaert détient toujours, et sans doute pour longtemps encore, le record absolu du nombre de titres nationaux: seize, de 1954 à 76, avec Gosselies, Chapelle à Wattines et Pont-à-Celles.

Comme beaucoup de ses coéquipiers de l'époque, Léon Casaert a entamé sa carrière de joueur dans l'équipe de pelote ouvrière de Pironchamps, sa ville natale. En 1953, il s'affilie à Gosselies. Il reportera 9 titres en 18 ans. En 1971, il rejoint Chapelle à Wattines. Son palmarès s'étoffe encore de 5 titres en 6 saisons. Un véritable exploit! C'est à Pont-à-Celles qu'il achève sa carrière en division 1. Il y engrange à nouveau 2 titres, avant de se décider à ranger le gant.

«En 1980, mon tendon d'Achille a cédé. Je me suis fait opérer, puis j'ai souffert d'une hernie discale. J'ai préféré arrêter». Pourtant, Léon Casaert cédera une nouvelle fois à la tentation de remonter sur le terrain: «L'équipe de Tourpes voulait monter en division 2. Les dirigeants m'ont appelé et m'ont dit que mon prix serait le leur si j'acceptais de jouer une saison avec eux. J'ai joué 12 luttes et ils sont montés».

Aujourd'hui, Léon Casaert déserte quelque peu les terrains de balle pelote. «Ça ne me dit plus trop rien. Le jeu a changé. Aujourd'hui, on voit livrer, ça passe au dessus, on chasse de temps en temps C'est surtout à cause des balles qui ont des plaques trop grandes. J'en ai parlé au président de la fédération, il m'a dit qu'il se pencherait sur la question. Et puis, je suis tellement sorti durant ma carrière que je suis bien chez moi. On a traîné notre bosse dans tous les bistrots des terrains. Les supporters nous attendaient, il fallait bien les contenter!»

© La Dernière Heure 2004