Une rétrospective pour le 10e anniversaire de la mort du graveur liégeois

LIÈGE Pour commémorer le 10e anniversaire de la disparition du graveur Jean Dols, le libraire liégeois Henri Thyssens organise, les trois prochaines semaines, une rétrospective de documents, gravures, dessins, photos et livres d'art. Le libraire déplore qu'aucune initiative publique n'a été prise: "C'est bien dommage pour un grand Liégeois, qui a été le plus formidable graveur de la fin du 20e siècle!"

Personnage populaire autant qu'artiste accompli, Dols était né à Liège en 1909, place des Carmes où ses parents tenaient un bistrot. Toute son enfance, il eut sous les yeux une humanité qui allait peupler ses gravures. Sa vie fut également un véritable roman populaire: il ouvrit une première galerie puis, pour subsister pendant la guerre, se fit chansonnier au cabaret de l'Ane Rouge. Bien des années plus tard, il allait ouvrir la galerie qui le fera connaître, rue Charles-Magnette. Par la suite, il ira se réfugier avec son épouse à Comblain-au-Pont où il finira ses jours en 1993.

"Je ne présente que ses oeuvres sur papier, explique le libraire. Les peintures de Dols sont rarissimes, peu de gens les connaissent mais peut-être Maria Dols en montrera-t-elle quelques-unes."

Mythiques

Reconnu pour la causticité de son trait, son ironie acerbe, son humour noir, Jean Dols a laissé des gravures dont certaines sont devenues mythiques.

Ainsi le célèbre Pêcheur à la ligne, de 1938, qui n'a jamais eu qu'un seul tirage, la plaque n'existant plus. Gravure apaisante, sur laquelle on voit un pêcheur solitaire alors que, sur le pont, une foule de gens s'amusent et se disputent.

Parmi les grandes gravures, les Arts libéraux et Les péchés capitaux, 60 x 80 cm, sont elles aussi passées au stade du mythe. On pourra voir encore, un album de six eaux-fortes, Désespérance, réalisé en 1950 après que Dols eut été condamné pour prétendue collaboration puis réhabilité il avait laissé ouverte sa galerie d'art, y refusant cependant les collabos notoires qui prirent leur revanche après guerre en l'empêchant de continuer à graver.

Enfin, on pourra retrouver dans cette rétrospective l'album de 11 sérigraphies, Hantise, faites en 1974, dernières oeuvres de l'artiste. Rétrospective, à La Sirène, du 22 courant à la mi-février.

© La Dernière Heure 2004