Actuelle numéro 1 belge du fleuret (place que sa… sœur, Delphine, lui dispute régulièrement), Julie Groslambert a découvert ce sport un peu par hasard.

“J’avais alors dix ans”, révèle la Bruxelloise. “J’étais en vacances avec ma famille. Plusieurs initiations sportives étaient proposées. Curieuse de nature, je me suis tournée vers une discipline peu connue, l’escrime. Par la suite, j’ai appris que mes parents l’avaient aussi pratiqué…”

Depuis, elle en a parcouru du chemin, au point de disputer, à 23 ans (elle est née le 1er mai 1987), ses premiers championnats du monde seniors, ce week-end, à Paris.

Si elle est présente avant tout pour apprendre, son mental de championne prend naturellement le dessus : “Je ne sais pas très bien comment tout cela se passe. Ce sera une découverte pour moi. Mais je ferai le maximum, en prenant match par match”.

En fait, Julie va tirer dans le prestigieux le Grand Palais parisien avec un rêve en tête. Celui d’y acquérir le plus d’expérience possible en vue de disputer les Jeux Olympiques de Londres en 2012. Le Saint-Graal de tout sportif…

Étudiante à l’UCL

Étudiante en dernière année d’un Master de kinésithérapie à l’UCL, la jeune athlète aimerait en effet sauter le pas du professionnalisme. Faire de l’escrime son métier. Elle saura à la fin de ce mois si elle peut décrocher un contrat Adeps de sportive de haut niveau, comme les frères Borlée, Muriel Sarkany ou Yoris Grandjean par exemple. Actuellement, en escrime, seul l’épéiste dinantais Thibault Ferage – présent lui aussi à Paris au sein d’une délégation belge riche de cinq éléments, dont trois autres garçons (Frederic Van Dormael au fleuret, Evert Bleus à l’épée et Seppe Van Holsbeke au sabre) – en a obtenu un.

“J’ai vraiment envie de faire carrière dans l’escrime, avant de me lancer dans la kiné. Je sais que c’est maintenant ou jamais. J’ai déjà des bourses qui m’aident financièrement. Mais avec ce contrat, je serais payée pour m’entraîner. Ce serait alors un véritable travail”, explique Julie.

D’autant plus que l’escrime n’est pas un sport de tout repos. Il s’agit d’une discipline complète, qui demande de nombreuses heures d’entraînement.

“Oui, c’est un sport qui requiert pas mal de qualités : la puissance, l’endurance, la coordination, l’habileté, l’explosivité, savoir changer le rythme, mais aussi le bluff et l’audace”, énumère la championne. Néanmoins, la discipline est ouverte à tous les gabarits et la grandeur n’est pas toujours un atout.

Pour arriver en forme lors des événements importants, Julie Groslambert suit donc un programme précis. En début de saison, elle travaille la musculation générale du corps, pour gagner en volume. Et pratique principalement la course de fond, pour travailler l’endurance. Ensuite, elle passe à un travail plus spécifique : “Au niveau de l’escrime, il faut voir ce qui n’a pas bien fonctionné la saison précédente et travailler les points faibles. La variété est un aspect important de la discipline. Il ne faut pas que l’adversaire sache à quoi s’attendre.”

Malgré ses 21 ans, Julie ne se laisse pas conter fleuret…