Numéro 51 de la rue Strivay, à Plainevaux, un hameau de la commune de Neupré. C’est là que Michel Preud’homme a gran- di. Une demeure qui regorge encore et toujours de souvenirs impérissables pour Ginette, la maman de l’actuel entraîneur de Twente, mais aussi pour Georges, son beau-père. C’est plongée dans une grande caisse en carton où s’empilent des dizaines de photos illustrant son fils prodige que Ginette se remémore d’emblée : “Il n’y avait pas plus facile à vivre que Michel. Enfant, il ne demandait jamais rien, il ne voulait jamais rien. Quand on partait quelque part, il n’a jamais rouspété pour obtenir quelque chose, contrairement à sa sœur qui était plus capricieuse. C’était un petit garçon très sage et très gentil.”

Ses distractions d’antan, l’ancien meilleur gardien du monde se les partageait modestement entre ses petits coureurs cyclistes en figurine et son circuit électrique de F1 : “Il pouvait y jouer pendant des journées entières. Je me rappelle que certains circuits qu’il confectionnait avec ses amis pouvaient prendre toute la longueur du salon. Il y avait aussi son fameux train électrique qui le tenait émerveillé durant des heures.”

C’est précisément à l’âge de dix ans que Michel a contracté le virus du ballon rond : “Walter, notre voisin à l’époque, était électricien au Standard. Il emmenait Michel avec lui dans le cadre de son travail et c’est de cette façon que les premiers contacts se sont noués.”

La suite ? Nous la connaissons tous… Mais bien avant cela, les sacrifices n’auront pas manqué pour l’ancien portier malinois et ses proches : “Dès que Michel a signé sa première affiliation, notre rythme de vie a radicalement changé. À cette époque, je travaillais comme vendeuse et j’allais le rechercher tous les soirs à Sclessin aux alentours de 19 h quand le magasin fermait. Mais c’est surtout quand il est passé en équipe première, à l’âge de 17 ans, que la course contre la montre a battu son plein. Michel était toujours élève en rhéto à l’Athénée de Seraing. Il devait concilier ses études avec ses entraînements au plus haut niveau. Avec mon conjoint, on se partageait sans relâche les nombreux déplacements. Ce fut assez difficile, en premier lieu pour Michel. Il nous demandait régulièrement de le réveiller à quatre heures du matin pour pouvoir réviser ses cours.”

Un chat prénommé... Kempes

Malgré ses (nombreux) impératifs sportifs, l’ex-dernier rempart de Benfica s’est révélé très brillant sur les bancs d’école également : “Il n’a jamais doublé et réussissait facilement dans toutes les branches. S’il n’avait pas été footballeur professionnel, Michel se destinait à une carrière de vétérinaire car il adorait les animaux.”

Son animal familier était d’ailleurs un chat prénommé... Kempes ! “Un hommage à Mario Kempes, le fameux attaquant argentin à qui Michel vouait une grande admiration. Il aimait aussi beaucoup Björn Borg.”

Un éternel gagnant, lui aussi...

Côté caractère, il semble que ce soit depuis son plus jeune âge que l’ancien mentor des Rouches et de La Gantoise ait appris à s’investir pleinement dans ses diverses tâches. Georges Lardinois, son beau-père qui l’a vu grandir, paraît formel sur ce point : “Michel ne supportait pas perdre. Quand on jouait bêtement une partie de football de table avec des petits joueurs montés sur ressort, il pouvait tirer la tête pendant toute une journée en cas de défaite. C’était déjà un gagnant dans tout ce qu’il entreprenait, sans exception. Quand il jouait au football avec ses copains dans notre pré, c’était bien pire encore ! Il se donnait toujours à fond, même pour du beurre. Les seules fois où sa maman se fâchait vraiment sur lui, c’était d’ailleurs quand il cassait les vitres de la maison tellement il shootait fort pour pouvoir absolument l’emporter.”

Michel Preud’homme avait aussi, déjà, ses fétiches : “Il ne jouait jamais sans sa vareuse du Standard en dessous. Il avait également un ordre bien déterminé avant de distribuer quelque chose à différentes personnes. Ses choix ne relevaient jamais du pur hasard...”

Ginette, la maman de Michel Preud’homme, a fouillé dans sa boîte aux souvenirs…

Mickaël marquet