CHARLEROI C'est avec tristesse que l'on a appris le décès de Michel Delire intervenu ce lundi suite à une chute ayant provoqué une hémorragie cérébrale fatale à celui qui était considéré comme un monument dans la région de Charleroi. Il avait 72 ans. Né à Châtelineau, le jeune Michel montra très tôt des qualités qui en firent la vedette du prestigieux Olympic. C'est chez les Dogues que le Standard vint le chercher. A 24 ans, il fit la fierté du pays sambrien en le représentant en équipe nationale. Il aimait à raconter la fois où, alors que les Pays-Bas menaient 9-0, les supporters bataves ne cessaient de crier «tien, tien!» avant qu'il ne sauve l'honneur.

Le Sporting perd un ancien entraîneur (c'était en D 2 à l'époque d'Alex Czerniatynski) alors que l'UR Namur se souviendra de celui qui fut son secrétaire. C'est dire si, avant d'être présenté comme le papa de notre confrère et ami Marc, dont il était si fier, Michel Delire aura marqué de son empreinte le football wallon, transmettant d'ailleurs le virus du ballon rond à nombre de Carolos qui doivent avoir le coeur bien gros aujourd'hui.

En tant que professeur de gymnastique réputé pour sa droiture, il éduqua plusieurs générations d'élèves de l'internat de Floreffe, parmi lesquels Michel Lecomte, qui le définissait comme un homme de principes. Affaibli par la maladie depuis quelque temps mais toujours aussi alerte lorsqu'il s'agissait de conter ses souvenirs, il fit sa dernière apparition en public il y a dix jours à l'occasion d'un certain Charleroi-Standard, comme s'il avait voulu boucler sa boucle personnelle de façon prémonitoire. Alors qu'il est parti rejoindre sa chère Isabelle, notre rédaction exprime ses pensées émues à ses enfants, à ses frères et à sa soeur.

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