Michel Dernies : “Mon souhait, c’est que nos coureurs ne restent pas trop longtemps chez nous, qu’ils trouvent asile ailleurs”

Pour Michel Dernies, 50 ans depuis le début du mois de janvier, c’est donc un retour dans le milieu qu’il n’avait jamais vraiment quitté puis que ces dernières années, il fut d’abord directeur sportif au club d’Ottignies, puis adjoint de Joseph Boulton au Pesant club liégeois. Sans oublier que son fils, Tom, est un de nos plus prometteurs espoirs. “Je voulais revenir dans le circuit un peu plus encore”, confie l’ancien professionnel brabançon qui explique également la philosophie qui est la sienne et ce qu’il espère en prenant la direction de Wallonie Bruxelles-Crédit Agricole.

“On a choisi nos coureurs sur leurs résultats mais aussi sur leur marge de progression”, raconte le Tubizien, qui fut échevin des Sports de sa ville une douzaine d’années, jusqu’à la fin 2009. “Ils ont une grande chance et j’espère qu’ils en prendront conscience. Ils évoluent chez nous sans pression. Bien sûr, on aimerait gagner des courses et avoir des résultats, mais il n’y a pas d’obligation. J’ai dit aux coureurs qu’ils sont là pour se montrer, pour faire leur promotion. Moi, si j’ai pu passer un jour professionnel, c’est sans doute à mon service militaire que je le dois. Ferdinand Bracke s’occupait de l’équipe militaire (NdlR : Dernies a été champion du monde militaire du chrono par équipes) mais aussi de l’équipe nationale amateurs. Je l’avais accompagné au Tour du Chili, notamment. Un jour, l’équipe Fangio lui a demandé son avis, car elle cherchait un coureur francophone, et il a soufflé mon nom. C’est comme cela que j’ai eu mon premier contrat et c’est souvent comme cela que ça se passe, encore maintenant, car les managers n’ont pas le temps de suivre les courses de jeunes. Grâce à cette équipe, nos coureurs seront au contact direct des grandes formations, et parmi les directeurs sportifs actuels, j’en connais les trois quarts avec lesquels j’ai couru. Forcément, on discutera entre nous.”

Le Wallon fut professionnel de 1983 à 1995, dans les équipes Fangio, Lotto, Domex, Weinmann et Motorola. Il a notamment terminé neuf fois le Tour de France.

“Mon souhait”, sourit-il, “c’est que tous ces coureurs ne restent pas trop longtemps chez nous, qu’ils trouvent asile ailleurs, dans une équipe de division 2, voire même une D1. C’est notre première année, on ne va pas miser trop haut, mais on va se montrer, on a les moyens d’obtenir des résultats. D’ailleurs, plusieurs de nos coureurs sont déjà expérimentés, comme Jonas Vangenechten, mais à la base, tout le monde est sur un pied d’égalité et aura sa chance en fonction de sa condition. Dans un premier temps, on doit apprendre à les connaître, tout s’est passé un peu vite, y compris pour moi. Songez que tous les coureurs sont néo-pros (NdlR : à l’exception de Jonathan Bertrand qui a couru deux ans au Crédit Agricole de Gérard Bulens), mais pour tout l’encadrement aussi, c’est tout à fait nouveau. “

Outre ses deux directeurs sportifs, l’équipe dispose d’un entraîneur, Charles Dewolf, d’un soigneur à temps plein, l’ancien coureur hennuyer Eddy Torrekens, d’un mécano, François Oger (plus deux “renforts”, Franco Saitta et Cédric Okkerse), de deux médecins de l’UCL, Michel Lecomte et Laurent Hanen ainsi que d’’une kinésithérapeute, Anne-Sophie Maréchal.

Michel Dernies déballe ses autres ambitions et espoirs.

“Ce qu’il faut”, dit celui qui a pris un an de pause carrière, puisqu’il est fonctionnaire au service des sports de la Province du Brabant wallon, “c’est que les coureurs évoluent et apprennent à faire des finales. Faire une finale, à Liège-Bastogne-Liège ou dans une classique de la Top compétition, c’est la même chose. J’ai coutume de dire qu’un bon coureur, c’est un coureur qui fait des résultats, mais un très bon, c’est quelqu’un qui a, en plus, un comportement irréprochable, qui est bien habillé, qui se tient bien, qui parle bien. C’est tout cela que nous devons inculquer à nos seize coureurs. Lors de notre stage à Loverval, ils ont eu droit à des cours de fiscalité, de droit social, de communication, de diététique… C’est un super-challenge, que je veux relever à fond avec tous ceux qui encadrent l’équipe, comme Gérard Bulens, qui fut une cheville ouvrière exceptionnelle dans la réalisation de ce projet. Songez que, depuis septembre, on a nos vélos et quels vélos ! (NdlR : des Colnago).”

E. d.F.