Les discours des responsables syndicaux se voulaient graves, ils furent colériques!

La pluie fut l’invitée surprise mais, heureusement, elle n’était pas la seule à avoir fait le déplacement. Si, sur le coup de 13 h, la cité ardente semblait déjà fonctionner au ralenti, la matinée fut nettement plus animée, 20.000 manifestants étant venus crier leur colère et marquer leur soutien envers les travailleurs d’ArcelorMittal menacés par la fermeture de la phase à chaud.

Ainsi, de retour d’un cortège sur les boulevards, sous l’orage et dans un tonnerre d’applaudissements, les représentants syndicaux se sont attelés à prononcer des discours qui, s’ils étaient quelque peu redondants, avaient le mérite d’être francs, directs et, surtout, de transcrire une parfaite harmonie entre CSC et FGTB; le front commun pesait de tout son poids sur la manifestation. Dans chaque prise de parole, la colère envers Lakshmi Mittal transpirait.

L’industriel indien était bien la cible du jour et fut dénoncé comme LE responsable “de ce massacre social. Mittal utilise les intérêts notionnels et n’a pas payé 500 € d’impôts l’an dernier, c’est inacceptable. Mittal ne pense qu’à faire grimper le cours de son action”.

Le ton est donné par Égidio Di Panfilo, président du Setca qui, comme Francis Gomez, président FGTB Métal, ou Jordan Atanasov, secrétaire général CSC-Métal, attaque l’homme.

“Nous sommes en guerre économique, en guerre sociale […]. Toutes les dictatures finissent par tomber”, lance ainsi le secrétaire de la CSC. “Mittal a décidé de sacrifier la vie de centaines de familles”, a poursuivi Francis Gomez, parmi les plus amers, “cet homme est venu d’un pays de misère, exploité et aujourd’hui il est du côté des exploiteurs, il est une honte pour l’humanité”.

Largement applaudie malgré la pluie, la séance de discours n’a pas visé que le “financier, ce gouvernement est exceptionnel est pas seulement à cause de la durée folklorique de sa gestation, il n’y a que de mesures aggravant les inégalités sociales”. Le gouvernement Papillon ne fut pas épargné par Gérard Loyens, secrétaire général CNE. Et Marc Goblet de préciser, bien sûr, que “ceci n’est qu’un début”. Toute la question est, bien sûr, le début de quoi ?

Marc Bechet

Pour Marc Goblet, président de la FGTB Liège- Huy-Waremme, ils étaient plus de 40.000. Pour la police, les manifestants étaient environ 20.000.Devoghel

Francis Gomez fut l’un des plus acerbes avec Mittal.