Taratata sera le 21 juin sur la Place des Palais à Bruxelles avec l’animateur-producteur aux commandes

Nagui, Taratata a dix-huit ans maintenant. De grands artistes se sont succédé sur votre plateau. Parlons donc un peu de musique…

(Il coupe). “Le risque quand on parle musique, c’est de citer des noms et d’en oublier d’autres. Je vais même vous raconter quelque chose. Paris Match m’a demandé il y a deux ans comment je programmais Taratata et j’ai répondu de la façon la plus simple du monde : on écoute des albums, on écoute de la musique et quand ça nous plait on leur dit de venir, quand ça ne nous plaît pas, on ne dit rien. Le papier sort le jeudi, vendredi matin, je reçois un sms d’un chanteur qui me dit Merci pour ta déclaration, je m’attendais à plus de sincérité de ta part et que tu me le dises directement. Et je n’avais cité aucun nom. Comme il n’avait pas fait Taratata suite à la sortie de son album, il avait pris ça uniquement pour lui. Je ne sais pas comment si vous pouvez imaginer la tension qu’il peut y avoir dans les rapports. Un artiste qui a passé un an en studio, qui est parti en Irlande, qui a payé un producteur américain avec un pur bassiste, quand vous lui dites que son albim n’est pas super, il ne comprend pas. C’est comme quand vous arrivez dans une maternité et que vous dites il est moche ce bébé. Vous êtes obligé de dire qu’il est beau. Or, il est forcément moche parce qu‘il vient de naître…”

On aime beaucoup Tatarata.

“Oui, c’est ça, mais vous pouvez dire que vous n’aimez pas, ça ne me dérange pas. Il y a des gens à qui ça plait, d’autres non. Notre première démarche est d’avoir un spectre le plus large possible en musique. Il faut que cela présente l’air du temps. Si on regarde Taratata on doit être globalement au courant des albums et des nouveautés mais il faut aussi avoir quelques artistes cultes qui viennent ou qui reviennent. Je pense aux Red Hot Chilli Peppers avec lesquels on va démarrer en septembre. Même s’ils changent de guitariste ça reste un groupe fort en terme de rock et de pop.”

C’est une équipe qui doit s’occuper de la sélection si l’on veut rester dans l’air du temps car une seule personne ne peut pas avoir la science infuse.

“Il y a une programmatrice Marie, une productrice Pascale. Et puis quand vous êtes comme vous dans une rédaction, dans une chaîne de radio ou dans une boîte de production, il y a une trentaine de personnes qui y vivent qui se croisent à la machine à café. C’est inévitable dans une émission comme Taratata que tout le monde – y compris la compta, le directeur des ressources humaines – vous dit qu’il a entendu un chouette morceau à la radio, qu’il a vu un beau spectacle. Après c’est à vous de faire le tri, de décider qui vous allez inviter. C’est une question d’équilibre assez simple, vous ne pouvez pas programmer trois groupes de heavy metal dans une émission à moins de faire une spéciale. Pareil pour les musiques urbaines. Pour la Belgique, même si je n’ai pas en tête toute la programmation et que je ne demande pas leurs papiers quand ils viennent mais de mémoire en plus d’Axelle Red, de Selah Sue, de Stromae, de Ghinzu pu d’Absynthe Minded, il y a beaucoup d’artistes belges qui viennent dans Taratata. Il y en a souvent et tant mieux mais je m’en fous qu’ils soient belges. Juste, j’ai écouté Absynthe Minded et je trouve ça vachement bien. Et on appelle la maison de disque en demandant : Est-ce que je peux les avoir  ? Qu’on me réponde que c’est facile parce qu’ils sont belges ou difficile parce qu’ils sont Californiens, c’est une question d’organisation. Quand on me fait la réflexion, pourquoi n’ya-t-il pas plus d’artistes belges pour la Fête de la Musique à Bruxelles je réponds que l’idée n’est pas de faire un Tararata belge, l’idée est de faire un Taratata avec un maximum d’artistes. S’il y aura des Belges tant mieux. Pour l’anecdote certains vont quand même voyager pour faire Taratata alors qu’ils sont belges. Et ils vont loger à l’hôtel comme quoi ce n’est même pas une q uestion de réduction de frais.”