Aucun parti francophone ne soutient l’idée du ministre des Finances

ARGENT Aucun représentant des partis francophones, de la majorité ou de l’opposition, n’a souscrit dimanche à l’idée lancée par le ministre des Finances, Koen Geens (CD&V), de supprimer l’exonération de précompte mobilier sur les livrets d’épargne qui s’applique aux premiers 1.800 euros d’intérêts. “Ce n’est pas aux petits épargnants de payer la crise”, a lancé le sénateur Ahmed Laaouej (PS) sur le plateau de Mise au Point (RTBF), préférant une mobilisation de l’épargne en faveur de projets d’intérêt général, qu’il s’agisse d’infrastructures scolaires, de routes, etc., et du financement des PME. “C’est une mauvaise idée. Le ministre devra revoir sa copie”, a averti le député wallon Dimitri Fourny (CDH). “J’ai l’impression que ce n’est pas le bon moment”, a souligné pour sa part la députée fédérale Marie-Christine Marghem (MR).

Il ne faut pas “fustiger” une nouvelle fois les petits épargnants, estime-t-elle tout en précisant qu’elle ne fermait pas complètement la porte à cette proposition.

À ses yeux, l’important, c’est de mobiliser les sommes considérables qui se trouvent sur les carnets d’épargne en Belgique vers du capital à risque.

L’opposition ne s’est pas montrée plus enthousiaste. “La réponse du ministre des Finances n’est pas la bonne”, a expliqué le député Georges Gilkinet (Écolo) qui a répété sa proposition de “livret vert”. “Telle qu’exprimée, ce n’est pas une bonne idée”, a renchéri Bernard Clerfayt (FDF).

Hors des rangs parlementaires, le PTB s’est étonné de la sortie du ministre des Finances. “Aujourd’hui, plutôt que de taxer les grandes fortunes, on veut taxer le petit épargnant”, a fait remarquer Marco Van Hees, agent du fisc et auteur du livre Les riches aussi ont le droit de payer des impôts.

En Flandre, l’accueil est également glacial. “Le gouvernement se montre à nouveau créatif dans la recherche de hausses d’impôts. Celui qui travaille, épargne et entreprend est à nouveau la victime. Entre-temps, les dépenses publiques sont passées à 54 % du PIB. Quand ce gouvernement va-t-il se montrer créatif dans les économies”, s’est demandé le chef de groupe N-VA à la Chambre, Jan Jambon.

Samedi, les présidents du SP.A et de l’Open VLD ont exprimé eux aussi leur hostilité à cette idée.