Alors que Contador devrait prendre un an de suspension minimum, l’Anversois va devoir se cracher dans les mains !

BRUXELLES Une victoire en 2010 (une étape du Tour d’Autriche), une autre en 2009 (au GP de Wallonie), zéro victoire en 2008 (mais une 2e place au Tour des Flandres), Nick Nuyens, nouvelle recrue de l’équipe Saxo Bank-Sungard, va devoir sacrément se cracher dans les mains s’il veut répondre aux espoirs mis en lui par Bjarne Riis, lequel parle de notre compatriote pour remplacer ni plus ni moins que Fabian Cancellera.

La comparaison est évidemment aussi cruelle qu’inégale quand on sait ce que le Suisse a remporté comme succès, tant dans les contre-la-montre (du Tour de France, des JO ou des Championnats du Monde) que dans les grandes classiques (Milan-Sanremo, le Ronde, et deux fois Roubaix) mais elle montre quand même que Bjarne Riis a certainement une idée derrière la tête avec l’Anversois.

Nuyens va sans doute devoir impérativement changer son fusil d’épaule et cesser de courir à l’économie, comme son maître et modèle, Peter Van Petegem, ou un certain Filippo Pozzato dont on ne vous fera pas l’injure de rappeler les derniers faits d’armes, à Geelong et à Tours, dans la roue d’un certain Philippe Gilbert. Bien sûr, l’Anversois avait-il vraisemblablement besoin d’un coup de pied au derrière alors que sa carrière s’essoufflait un peu chez Rabobank. Intelligent, l’un des coureurs les plus disponibles pour les représentants de la presse l’avait bien compris.

“Je suis flatté qu’une personnalité du calibre de Bjarne Riis (NdlR : lequel, comme Manolo Sainz dans le temps, exerce une sorte de fascination auprès des coureurs !) reconnaisse mon potentiel et veuille me prendre sous son aile pour m’aider à progresser. Mes deux dernières années de course ne me laisseront pas un souvenir impérissable dans ma carrière mais, grâce à cette chance unique chez Saxo Bank, j’ai l’opportunité de devenir plus fort que jamais. En plus, je sais que chez Riis, je disposerai de tout le soutien nécessaire, car, sans cela, il n’est pas possible de gagner de grandes courses.”

Certes, mais Nuyens devra malgré tout gagner la confiance de ses équipiers et cela passera par une forte remise en question de sa part. S’il veut vraiment changer de statut et se mettre dans la peau à la fois d’un gagnant et d’un patron, il va devoir mouil- ler son maillot, comme on dit en termes de foot. Lors du stage para-commandos annuellement mis sur pied par Riis, le ton sera tout de suite donné.

Riis, lui, semble lui accorder toute sa confiance. “Nuyens sera notre leader pour les classiques”, confie-t-il. “Il a déjà prouvé sa valeur dans ces courses. Il a plutôt le rang d’un outsider mais, bien entouré, il peut créer la surprise.”

Le Danois, même aux abois vu les nombreux départs dans son équipe, n’a pas acheté un chat dans un sac. Il sait qu’il a du pain sur la planche. “Mais j’espère bien lui faire retrouver son meilleur niveau,” conclut-il.

La Saxo Bank pourrait bien devoir tout miser sur les courses d’un jour en 2011, car Contador devrait écoper d’un an au minimum, si l’exemple de Colo, pris lui aussi au clenbuterol après une soi-disant contamination par un steak, est suivi.

Philippe Van Holle

Nuyens porteur d’eau à la Vuelta, (où on ne l’a quasi pas vu) deviendra leader n°1 chez Riis en 2011.