Le candidat communal mise gros sur sa campagne d'affichage...

BRUXELLES 26 jours. C'est le temps que les horloges communales et provinciales vont devoir égrener avant l'heure des élections prévues le 8 octobre prochain. À mesure que le temps passe, nos boîtes aux lettres se goinfrent de tracts électoraux qui bien souvent passent directement de la boîte aux lettres à la poubelle !

Pourtant, il faut croire que les candidats à la fonction publique ne sont pas près d'abandonner l'impression de ces petits cartons. "En 2000, j'ai fait faire 25.000 tracts en deux jours pour une commune d'environ 80.000 habitants", confie Geoffroy Coomans de Brachene (MR), conseiller communal à Bruxelles. En fait, l'affichage pompe la majeure partie du budget électoral autorisé par candidat. Le reste de la caisse s'envole en "faux frais" comme les appelle cet élu, faisant allusion aux déplacements, réunions et autres manifestations qui ajoutent quelques ampères à la visibilité du candidat.

La Belgique semble faire preuve de sobriété en matière d'affichage politique, comparée à la France ou aux États-Unis, plus démagogiques.

Chez nous, une bonne photo criante de sincérité, une courte phrase convaincante, le tout fondu aux couleurs du parti, relèvent déjà d'un travail graphique minutieux.

Conserver les vieux tracts...

Pierre-Yves Lambert, observateur de l'évolution des droits politiques des minorités, ouvre la tractothèque", un blog sur Internet où il invite chacun à poster toute forme de publicité électorale récoltée, ancienne ou récente. "À long terme, ce blog pourrait constituer une sorte d'indicateur de l'évolution électorale belge", explique-t-il. Selon lui, le tract s'est démocratisé en s'ouvrant notamment aux langues étrangères. "Un des premiers élargissements linguistiques du tract remonte à 1989 avec Agalev et le SP.A qui éditaient des affiches en turc et en arabe."

Même si les techniques de communication évoluent sans cesse, le tract demeure donc une valeur sûre du paysage électoral et connaît, lui aussi, quelques innovations marquantes, comme le fait remarquer notre expert qui pointe ainsi le cas d'un candidat schaerbeekois qui a eu l'idée de sortir un CD de musique sur lequel la campagne électorale devient chanson. Un autre élu bruxellois nous expliquera même que l'achat de son chien a en quelque sorte fait partie de son démarchage, le toutou étant vu comme un puissant vecteur de sympathie envers les habitants de la commune !

Lionel Wittamer

()