Par un beau samedi de Toussaint, autour de la tombe de Jules Denefve à Mons

MONS C'était au cimetière de Mons, ce samedi. On y entre par le chemin de la Procession, on suit l'allée légèrement à gauche. Tout au bout, un monument funéraire se dresse, comme neuf, avec sa pierre bleue et son bas-relief en marbre de Carrare. Autour? Quelques personnes

«C'est la tombe de mon aïeul, Jules Denefve, dit Jean-Pierre Denefve, galeriste à Mons. Il est mort, sans descendance, en 1877, après avoir été premier violoncelle de la Société des concerts du théâtre de Mons, directeur du conservatoire de Mons; fondateur, en 1841, de la chorale Roland de Lassus, chef d'orchestre, compositeur»

Un des plus beaux de Wallonie

En fait, ledit monument funéraire a failli disparaître. «Beaucoup d'autres monuments dans ce cimetière de Mons étaient dans la même situation du fait que les concessions sont revenues dans le giron de la commune mais aussi du fait aussi que nul ne peut à Mons, au contraire de Tournai, par exemple, racheter la concession d'un proche», précise Jean-Pierre Denefve.

Et de nous montrer d'autres monuments funéraires en piteux état parce qu'abandonnés ou mal entretenus. «Le cimetière de Mons est l'un des plus beaux de Wallonie. Et l'art funéraire mérite qu'on s'y attarde, qu'on s'y intéresse, qu'on le protège. Il s'agit là d'un artisanat majeur qui a fait travailler nombre de personnes et ici à Mons et dans le monde entier, comme le prouvent le travail du photographe français André Chabot ou les recherches menées par Jacky Legge, par ailleurs directeur de la maison de la culture de Tournai.»

Jean-Pierre Denefve a donc décidé de marquer le coup. En prenant sur lui de rénover l'édifice à la mémoire de l'oncle Jules. En organisant par ce superbe samedi de Toussaint une sorte de vernissage, par l'apport de deux oeuvres du sculpteur montois Jean-Claude Saudoyez. Ce petit événement culturel s'inscrit dans une démarche plus large de préservation du patrimoine funéraire et d'organisation d'expos contemporaines dans ce patrimoine. Pour reposer en paix.

© La Dernière Heure 2005