Les actuels gestionnaires sont obligés de lui céder la place

NAMUR Le patron de l'Essentiel, Benoît Gersdorff s'installera à la Plage d'Amée dans les prochains jours. Hier, dans ce dossier, la présidente du tribunal civil, Manuella Cadelli a rendu un jugement incontournable. La décision du tribunal civil de Namur rappelle que la concession est un contrat auquel le concédant peut mettre fin anticipativement quitte à devoir indemniser le concessionnaire écarté. Elle condamne donc la SPRL Pirard-Tonneau à déguerpir du restaurant des bords de Meuse au plus tard dix jours après avoir eu connaissance officiellement de la décision.

Celle-ci ne pourra pas être retardée par une éventuelle action en appel. Si elle ne s'exécutait pas, le Port autonome de Namur (PAN) propriétaire de l'établissement, pourrait la faire expulser et déposer son mobilier sur la voie publique.

Le PAN est en effet contraint de mettre le restaurant à disposition de M. Gersdorff. L'éventuel dédommagement à verser aux concessionnaires expulsés devra faire l'objet d'un autre procès.

Le PAN avait invoqué

des dysfonctionnements

Le restaurant de la Plage d'Amée, à Jambes, avait été concédé, fin 2002, à la SPRL Pirard-Tonneau qui, à l'époque, exploitait Le Petit Bedon. La concession portait sur 15 ans. Mais en avril dernier, le PAN avait pris des contacts avec la SPRL Un point c'est tout, société de M. Gersdorff, cuisinier étoilé du restaurant L'essentiel, à Temploux. Un accord était intervenu selon lequel la concession serait retirée à Mme Pirard et à M. Tonneau pour être laissée à M. Gersdorff dès le 2 août 2003.

Mais ni le PAN, ni M. Gersdorff, et encore moins leurs avocats, Maîtres Braibant et Bourtembourg, n'avaient imaginé que les concessionnaires refuseraient de vider les lieux.

Le PAN avait tenté une action devant le tribunal des référés pour obtenir l'expulsion des restaurateurs. Il invoquait de nombreux dysfonctionnements au niveau de la qualité des repas, de l'accueil, de la capacité de gestion et du respect des exigences contractuelles.

De part adverse, Me D'Heur, l'avocat de la SPRL Pirard-Tonneau contestait la réalité des griefs et évoquait plutôt «l'arbitraire du prince, M. Anselme, président du PAN.» Selon lui, le juge des référés ne pouvait pas modifier la situation au point de la rendre irréversible.

Le PAN avait été débouté et, poussé par M. Gersdorff, s'est alors adressé, et avec succès, au juge du fond.

© La Dernière Heure 2003