ZELEM Stoppeur intransigeant et dur, Léon Jeck émargeait à la génération du Standard qui réalisa le triplé en 1969, 1970 et 1971. René Hauss, son entraîneur, l'avait surnommé le Polonais. Il le croyait capable de frapper un mur de la tête s'il avait fallu agir de la sorte pour empêcher un but. Théo Poel s'inscrit dans la lignée des stoppeurs impitoyables dans ses duels avec les adversaires : "Raymond Goethals - qui m'appelait Poels - disait volontiers que j'aurais continué à jouer même avec une jambe cassée. Il... n'avait pas tort", sourit le Limbourgeois taiseux et discret au point de s'être fait oublier à Sclessin, dans une enceinte qu'il ne fréquente plus. "L'affaire de corruption Standard - Waterschei m'a trop profondément meurtri. Je n'ai plus envie d'évoquer ce temps-là, pour moi bien révolu", se dérobe ce champion de 1983 devenu camelot. Aujourd'hui, Poel vend des vêtements féminins sur les marchés du Limbourg.

"On parlait rarement de Theo parce que lui-même s'épanchait très peu, se souvient Jos Daerden. C'est dommage. J'aimais beaucoup Theo, grand ami de Plessers. Il ne jouait pas aux cartes mais il lisait énormément. Il était intelligent. Dans les trajets en car, dans les mises au vert, il emmenait toujours avec lui un gros bouquin. On le suspectait, à tort aussi, de ne pas bien jouer au football parce que, en match, il incarnait... une bête. Mais en foot en salle, il ne se défendait pas mal du tout."

M. D.