politique

Van Rompuy enterre Leterme

"Il serait temps de songer à réaliser le buste d'Yves Leterme !" C'est par cette petite gentillesse, lâchée devant quelques proches, que le président de la Chambre a enterré, à sa manière, le Premier ministre. Pour saisir la délicatesse de cette saillie, il faut se souvenir que tout chef du gouvernement sortant de charge a droit à avoir son effigie qui trônera dans les couloirs de la Chambre. Le proposer, alors que l'homme est encore en fonction, est aussi cruel que dérisoire. Pas étonnant cependant, dans le chef de Van Rompuy ! Lui et Leterme n'ont jamais été les meilleurs amis du monde : Herman n'a-t-il pas confié à son entourage qu'il avait opté pour la présidence de la Chambre, en fonction du célèbre adage populaire "un tiens vaut mieux que deux tu l'auras" ? Les promesses d'Yves de lui octroyer un haut poste gouvernemental, il n'y a jamais vraiment cru. Prenez cette défiance, ajoutez-y la manière dont le président de la Chambre a sauvé son ami-ennemi jeudi et mêlez-y le goût prononcé de Van Rompuy pour le sarcasme : vous aurez saisi toute la saveur de cette vacherie à l'odeur de sapin !

Pourquoi la Cocof est sortie des ténèbres

Dès mercredi, l'intervention de la Cocof était annoncée, dans les milieux bien informés. Diable, les membres de l'assemblée francophone n'avaient-il pas reçu, le même jour, une invitation à venir siéger vendredi matin. Comme quoi tout était prêt ! Mais pourquoi avoir choisi l'universellement célèbre institution ? Pour plusieurs motifs ! Administrativement souple, elle permettait une convocation, dans les 48 heures, ce qui n'était pas le cas du Parlement wallon. Autre avantage : elle promettait quasi un vote à l'unanimité, ce qui était loin d'être le cas de l'institution de Namur où les Happart et autres régionalistes n'auraient pas manqué d'instrumentaliser la tribune qui leur était gracieusement offerte. Voilà donc pourquoi c'est la Cocof qui est sortie des ténèbres et de sa torpeur...

nominations

Milquet nie l'évidence

Depuis peu, Joëlle Milquet s'échine à démontrer que ce n'est pas au CDH que Kathryn Brahy doit d'avoir été choisie comme représentante de la Communauté française au Congo. Et de rappeler qu'en avril 2000, il avait été question que la journaliste de RTL figure, comme indépendante, sur la liste de son bourgmestre de Saint-Josse, le socialiste Demannez. Fort bien. Mais si elle voulait être tout à fait complète, Milquet ajouterait que la même Brahy a été autrefois candidate syndicaliste chrétienne au sein de la chaîne privée. Si nul ne met en doute la liberté de ton de la journaliste, l'empressement de Milquet à brouiller les pistes et à nier l'évidence - depuis toujours, les deux femmes sont des amies personnelles - ne sonne pas vraiment juste...

Top manager au SPF Finances : sept hommes en colère !

On le sait, sept des neuf candidats recalés au poste de président du SPF Finances ont envoyé une pétition au ministre de tutelle, Didier Reynders, et à sa collègue de la Fonction publique, Inge Vervotte. Les sept hommes en colère ne sont pas les premiers venus : Jean-Claude Laes (ex-patron des Finances), Jean-Marc Delporte (administrateur-général Impôt et recouvrement), Carlos Six (chef de la fiscalité des entreprises et des revenus), Pierre Verkaeren (ex-directeur Budget), Philippe Jacqui (administrateur-général Finances), Wouter De Rycke (directeur du service Budget) et Dominique Jungers (administrateur du patrimoine). Le texte pointe du doigt certains motifs de leur courroux. Nous en avons recueilli d'autres. Ainsi par exemple, c'est par la presse qu'ils ont été prévenus de leurs résultats. Deuxième souci : lors de précédents tests au même Selor, tous avaient obtenu des cotes A ou B, contre un médiocre C aujourd'hui. Troisième anicroche : quatre anciens chefs de cabinet, dont trois socialistes, siégeaient au sein du jury qui les a entendus. Autre couac : des candidats à plusieurs épreuves n'ont pas reçu les bons documents le jour où ils se sont présenté pour un test précis. Plutôt fâcheux ! En ligne de mire de cette cacophonie ? Marc Van Hemelrijck, patron du Selor et ancien chef de cabinet de Luc Van den Bossche. Curieux hasard, ce petit veinard vient à peine d'être reconduit à son poste pour six années (arrêté royal du 30 janvier 2008) : après une évaluation peu encourageante à mi-mandat, il a vu sa cote grimper en flèche en début d'année. Rien à voir, mais alors rien du tout, avec le fait que son supérieur Georges Monard, a été remplacé au début de l'année par le PS Jacky Leroy, un socialiste qui a le SP.A Van Hemelrijck à la bonne ! Enfin, notons que, parmi les signataires de la pétition, certains envisagent de se pourvoir au pénal. Une possibilité à laquelle n'avait pas songé cet aigle de Van Hemelrijck...

médias

Direction de l'info à la RTBF : Jacqmin est-il tweetalig ?

C'est vendredi que le conseil d'administration de la RTBF devrait désigner le patron de l'info. Un big boss qui aura bien plus de pouvoir que son prédécesseur, Yves Thiran : il siégera par exemple dans les jurys chargés de désigner une charrette de nouveaux directeurs. Nous l'avons dit et répété, Jean-Pierre Jacqmin a été adoubé par le boulevard de l'Empereur et à ce titre, il devrait avoir toutes ses chances. Reste à régler un point de détail : selon nos informations, l'actuel chef de la rédaction ne mentionne pas, dans sa candidature, son degré de connaissance du néerlandais. Or, il s'agit là d'une condition utile pour obtenir le poste. Quand il s'est présenté devant le jury qui l'entendait, Jacqmin a témoigné d'une bonne maîtrise de l'anglais mais personne ne s'est inquiété de savoir ce qu'il en était de la seconde langue nationale. Ce point sera-t-il soulevé au conseil de vendredi ? Wait and see, comme on dit à Ypres...

Ubu-Pan : les motifs d'une fusion avortée

On en sait plus sur la récente tentative avortée de fusion entre les deux hebdomadaires satiriques : Père Ubu et Pan. C'est à la demande du propriétaire du second, Dominique Janne, qu'a eu lieu une réunion entre lui-même et John Bogaerts, nouveau patron d'Ubu. Celui-ci a entre autres appris que Pan ne se vendait plus qu'à 1.300 exemplaires. Autre surprise, et de taille : Janne a fait savoir à son interlocuteur qu'en cas de rapprochement, il exigerait de relire tous les papiers (comme il le fait déjà à Pan). "Inacceptable !" pour John Bogaerts. Dans la foulée de cet ixième essai d'improbable alliance, nous avons déniché les noms de certains membres de l'équipe mise en place à Ubu, depuis le décès de Rudy Bogaerts. À la tête de l'hebdo donc, son fils, John qui en assure la gestion, et l'autre fils de la famille, David, qui supervise la rédaction. Autour des frères, l'ancienne équipe, un peu remaniée, avec un petit nouveau : Marc Van Campenhoudt, ex-président du conseil d'administration de la RTBF et actuel patron des cliniques de l'Europe. Dans Ubu, le bon docteur, par ailleurs membre du conseil du Mouvement Réformateur, tient la rubrique Anoblissements et rédige quelques échos. Un autre proche des milieux libéraux fait aussi partie de la fine équipe : Baudouin Peeters, lequel était aussi, aux dernières nouvelles, collaborateur à mi-temps du sénateur d'Alain Destexhe. Qui s'étonnera dès lors que ce soit le parti de Didier Reynders qui soit régulièrement la cible d'Ubu, en fonction du précepte "qui aime bien charrie bien" ?

LA Phrase de la semaine

Paul-Henry Gendebien voit souvent juste. Ainsi, sur son site, il traduit BHV par Belgium High Voltage. Bien vu, non ? Plus loin, il propose une addition qui ne manque pas de sel non plus : "Depuis 1945, soit 63 ans, il n'y eut que quatre Wallons à occuper la fonction de Premier Ministre : Duvieusart (1950), Pholien (1950-1951), Harmel (1965-1966) et Leburton (1973-1974). Soit une période totale inférieure à 5 ans, au 16 rue de la Loi !"