Le trio belge a été repéré par Steve Lillywhite

BRUXELLES Le 21 juin, juste avant l'entrée en scène de BB Brunes qui risque d'attirer nombre de jeunes filles hystériques place des Palais, Puggy tentera de convaincre et de s'ouvrir à un nouveau public. À son public belge... Étiqueté comme belge, car basé entre Bruxelles et Londres, le trio n'a pas grand-chose de noir-jaune-rouge dans les gênes si ce n'est que ceux-ci auraient muté. Le chanteur (Matthew Irons, Anglais né à Bruxelles) a rencontré le bassiste (Romain Descampe, Français) pendant ses études musicales à Gand. Et ce dernier connaissait déjà le batteur (Egil Franzen, Suédois).

"Après avoir joué pendant une heure avec mes deux camarades qui m'avaient invité à les rejoindre pour une répet informelle, j'ai décidé de laisser tomber mes deux autres groupes et de me consacrer à ce qui allait devenir Puggy", se souvient le chanteur. "Ensuite, cela s'est enchaîné. Un mec nous voulait à Londres après nous avoir repérés lors d'un concert à Bruxelles. Mais dans la capitale anglaise, le niveau est assez élevé. On a galéré. Tu donnes un concert mais dès qu'il est fini, tu te fais virer après avoir attendu dans un couloir miteux. Cela ne nous a pas découragés, on prenait tous les concerts."

Le groupe a appris son métier sur le tas, là où une nouvelle sensation rock paraît chaque semaine, là où il faut jouer des coudes au milieu de groupes très talentueux.

"Steve Lillywhite (NdlR : producteur de U2 et de Peter Gabriel entre autres) nous remarque et nous suggère d'enregistrer rapidement The Luckiest Crime qu'il considère comme notre premier single potentiel. Ce que nous ferons sur un label bruxellois qui nous rapatrie. S'en sont suivis concerts, festivals, passages à la radio, à la TV, et la tenue de la première partie d'Incubus pour les quinze dates de sa tournée européenne (NdlR: Londres, Barcelone, Manchester, Milan, etc). En fait, Mike, le guitariste d'Incubus, nous a repérés sur MCM où on est passé en boucle après notre passage à Couleur Café. Il devait croire qu'on était connu, car il n'y avait que des images de nous. Normal, les autres concerts avaient dû être reportés suite au feu qui avait pris à l'un des bâtiments. Quand il nous a contactés, on a d'abord cru à une blague."

Qui s'est prolongée avec les premières parties de Fiction Plane ou de Smashing Pumpkins...

Pop, rock avec quelques influences folks et parfois latines, Puggy propose quelque chose de frais, sans prise de tête mais pas à prendre au premier degré pour autant. Quelques belles réussites.

"On vient du rock avant tout", affirme Matthew Irons. "On est curieux. Cela va des Rolling Stones, aux Beatles, Abba, Edith Piaf, Tom Waits, Ben Folds. J'ai lu beaucoup de textes de ces songwritters. Si je n'ai pas ce talent-là, j'écris avec un humour un peu noir, anglais en fait."

Une guitare acoustique, une basse, une batterie et peu d'effets : la formule semble parfois simple. "Pas mal de morceaux sont nés en riposte à ce qui passait à la radio. Et puis, ils ont pris de l'ampleur live."

À voir, où vous savez, donc...

Basile Vellut