LES HERBIERS Jurgen Roelandts a franchi la ligne en 67e position, plus d’une minute trente après Philippe Gilbert qu’il emmenait encore à 900 mètres du but, quand le Brabançon, au bord de l’implosion, tant son effort était violent, s’est écarté. “Mon cœur bat encore à 160”, montrait-il sur son ordinateur, en mettant pied à terre pour reprendre son souffle. “Je ne pouvais pas plus…” L’ancien champion de Belgique avait catapulté son leader vers le succès. “Il est imbattable”, poursuivait Roelandts. “C’est formidable, il me mérite vraiment.” Tandis que Van den Broeck suivait bien au chaud et que Gilbert s’apprêtait à bondir, tel un félin, avec Lang, Greipel, Sieberg et Vanendert, le coureur de Sint-Martens-Bodegem avait assuré durant la finale de l’étape un rythme endiablé pour empêcher leurs adversaires d’attaquer. Leur boulot accompli, les équipiers du tout nouveau maillot jaune tombèrent dans les bras les uns des autres pour fêter ce nouveau succès de leur chef de file. Dès aujourd’hui, sur les 23 km du chrono par équipes, ils vont à nouveau tout donner. “On va gagner !”, riait le docteur Jan Mathieu. Qui sait ?

E. d.F.