Vainqueur surprise en 2011,Johan Vansummeren abordela 111e édition avec ambition

Dans un sourire un peu gêné, Johan Vansummeren avoue timidement ne pas avoir posé, cette semaine, une seule fois le regard sur cet objet singulier qui trône pourtant au milieu du salon de son domicile limbourgeois. “Je passe tous les jours devant le pavé commémorant mon succès sur l’édition 2011 de Paris-Roubaix, mais je ne le regarde que très rarement.”

Pour se rappeler de ce qui reste le jour de gloire de ses onze années de présence dans le peloton professionnel, c’est le plus souvent vers l’annulaire de sa main gauche que le coureur de l’équipe Garmin-Sharp jette un œil furtif. Juste après avoir triomphé sur le vélodrome du Nord, Johan Vansummeren s’était en effet précipité dans les bras de sa compagne Jasmine pour lui faire sa demande en mariage (la cérémonie a eu lieu en octobre dernier).

Équipier modèle 364 jours par an, le longiligne Limbourgeois assumera dimanche un statut de leader unique.

“Durant toute la saison, je me mets à la planche pour mes équipiers en mettant totalement de côté mes ambitions personnelles”, analyse Vansummeren. “Une seule fois par an, je pense pouvoir légitimement revendiquer un autre rôle : lors de Paris-Roubaix. Cette course, c’est mon rendez-vous. J’attends donc un retour d’ascenseur de la part de l’équipe, mais suis persuadé que l’on travaillera pour moi.”

Vingtième dimanche dernier sur le Tour des Flandres (dans le même temps que le peloton s’étant disputé la quatrième place), celui qui avait également enlevé une étape et le classement général du Tour de Pologne 2007 s’est pleinement rassuré sur son état de forme. “Je me sentais vraiment bien sur cette épreuve, mais je ne peux malheureusement pas m’appuyer sur une bonne pointe de vitesse et je considérais donc qu’il ne m’appartenait pas de chasser derrière Sagan et Roelandts pour ensuite être barré au sprint. Les sensations ne mentent toutefois que très rarement. Et je me sens bien…”

Si une victoire sur un monument comme l’Enfer du Nord ferait planer certains coureurs, Vansummeren juge ne pas avoir changé depuis ce succès de prestige. “Je ne me prends pas pour un autre”, conclut le souriant rouleur. “Je ne suis pas Tom Boonen et suis bien conscient que je n’accrocherai pas chaque année une classique à mon tableau de chasse. Mais je suis aussi un obstiné et je ne veux rien regretter dimanche soir. Je veux croire en ma chance.”

Quentin Finné