Le patron du Jardin de Babylon, le café meurtri par les émeutes d'octobre, cite l'entité en justice

SAINT-JOSSE "Barbare..." Peter Petrossian, le patron arménien du Jardin de Babylon, n'avait pas caché son émoi devant le saccage, perpétré les 21 et 24 octobre dernier, de son café ten noodois, au coin de la rue de Liedekerke et de la chaussée de Louvain. Six mois plus tard, il attaque Saint-Josse en matière civile. Et demande, sous toute réserve, 75.000 euros de dédommagements. Entre autres pour des promesses jamais tenues.

"J'ai eu deux réunions avec le bourgmestre (le PS Jean Demannez, NDLR)", note l'intéressé. "La première, il l'a politisée en invitant le Mrax. On m'a promis de m'aider."

Pourtant, jure l'indépendant anéanti, avant ladite réunion, le maïeur s'était inquiété d'une éventuelle politisation des conséquences de l'émeute turque. Soit. Peter Petrossian et son conseil songent aux dégâts, matériels et moraux - le patron du Jardin bosse avec ses frères; a fermé six semaines; perdu sa clientèle; eu 40.000 euros de dégâts, etc. "J'ai envoyé mon dossier à la commune. Sans réponse."

Plane alors l'idée de la plainte. Puis surgit une étrange réunion : "Ils ont prétendu avoir une solution avec un homme d'affaires turc, voulant me faire plaisir. Il fallait que je me rende sans avocat au cabinet du bourgmestre. Ce jour-là, Y. M., m'a proposé 20 à 30.000 euros. Ils ont essayé de m'acheter. Ça prouve que Saint-Josse est en faute. Au moins en partie. Ils ne m'utiliseront pas. Ils étaient où pendant quatre mois ?"

Dépité, Peter Petrossian a chargé son avocat, maître Nicolas Estienne, d'introduire une citation (le 24 avril) devant le tribunal de première instance en matière civile.

"On sollicite une expertise. En parallèle, il y a une plainte au pénal contre les auteurs des faits. Nous invoquons un décret de 1795, du code Napoléon, prévoyant la responsabilité communale en cas d'émeutes."

Nommément égratigné, le maïeur déplore un "précédent dangereux" : "Un peu dommage. Je n'ai pas le sentiment de n'avoir pas fait ce qu'il fallait. Je trouvais intéressante la démarche de quatre membres de la communauté turque voulant l'aider. Je n'ai été qu'intermédiaire..."

Guy Bernard

"Qu'a fait Saint-Josse pendant les mois qui ont suivi les émeutes ? On allait soi-disant m'aider. J'attends toujours. Je veux qu'on prouve sa responsabilité dans cette affaire..." (olivier pirard)